TRANSPARENCE POLITIQUE: Dirty little Secrets

Depuis un temps déjà, le manque de transparence de la vie politique luxembourgeoise fait l’actualité. Mais quelles sont les motivations de ceux qui ont des choses à cacher et de ceux qui veulent des révélations ?

Transparent vers l’extérieur et opaque vers l’intérieur : la vie politique ressemble parfois à l’architecture contemporaine.

Après Lucien Lux – ancien ministre de l’environnement et des transports qui siège maintenant dans le conseil d’administration de Leopard Trek -, Jeannot Krecké donc, qui aurait voulu faire valoir son carnet d’adresses en prenant la présidence du conseil d’administration de la Cargolux, fraîchement bradée à nos amis démocrates exemplaires du Quatar. Et qui n’a pas vraiment démenti ses ambitions, car tout ce qu’il a su répondre lorsque le « scandale » autour de ses ambitions a fait des vagues dans la presse – de droite cela s’entend – est qu’il voulait rester ministre, mais pas qu’il n’aurait jamais songé à changer de métier. Et pour cause, car on connaît l’attitude du ministre du commerce extérieur envers l’économie libérale, comme par exemple lorsqu’il a vanté « l’attitude business friendly » de son gouvernement à nos amis chinois, lors d’un séminaire commercial à Shanghai en octobre dernier (voir woxx 1080). On n’est pas tellement certains que Jeannot Krecké ait eu le courage de tenir de tels propos à une réunion de l’OGBL par exemple, mais d’un autre côté, on ne s’étonne plus vraiment des accointances néolibérales de nos socialistes.

Mais ce qui est vraiment scandaleux, c’est que de telles manoeuvres soient devenues monnaie courante. Que l’on ne s’étonne plus de voir un ministre monnayer son influence et ses contacts dès – ou même parfois déjà avant – la fin de son mandat, que l’on ne s’intéresse pas vraiment aux relations qu’entretiennent nos député-e-s avec des conseils d’administrations de grands groupes nationaux ou multinationaux. Pourtant, c’est à ce niveau que se joue notre démocratie, que les décisions sont prises et que les sympathies s’échangent. Le contenu idéologique des déclarations politiques est relégué de plus en plus au second plan. Certes, il ne s’agit pas d’interdire à la classe politique d’avoir des liens avec le monde de l’économie – il en faut même pour qu’un Etat fonctionne. Mais il faut réglementer ces liens et les rendre visibles pour le public, pour qu’il puisse voter en toute connaissance de cause.

Hélas, sur ce point, le Luxembourg est comme d’habitude à la traîne. Et la déclaration du président de la chambre des députés, Laurent Mosar, selon lequel notre pays disposerait d’un des parlements les plus transparents du monde est au mieux naïve, au pire mensongère. Alors que notre législation est une des plus opaques sur ce point, il convient de se demander pourquoi la volonté politique semble absente sur ce sujet. Car, hypothétiquement, dans une démocratie saine, l’engrenage qui devrait se mettre en place serait le suivant : moins on est transparent, plus on a de choses à cacher. Donc, inversément, plus de transparence voudra aussi dire moins de suspicion. Le hic, c’est que pour l’instant la société civile ne semble pas tellement suspecter sa classe politique. Sinon des initiatives comme celles que les Verts viennent de présenter auraient eu un écho beaucoup plus grand sur la place publique.

On se demande alors pourquoi les Verts ont tant de mal à percer avec ces revendications qui, somme toute, devraient être celles de toutes les formations politiques? Après tout, une meilleure transparence profiterait à tout le monde. Excepté aux ripoux.


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