ELECTRO: Hip Krauts

Le concert huppé de cette nouvelle saison se déroule ce vendredi : Kreidler, dignes héritiers d’une avant-garde allemande souvent méconnue viennent à l’Exit07.

Kreidler : un de ces groupes que l’on ne connaît pas vraiment, mais dont l’influence sur la musique actuelle reste considérable.

Difficile de nier que l’histoire de Kreidler est empreinte d’intellectualisme et d’engagement. Que la conception de la musique que fabriquent ces jeunes gens originaires de Düsseldorf vienne plutôt de la tête que des tripes est même une des conditions essentielles de la création du groupe. En 1993, deux membres fondateurs de Kreidler, Andreas Reihse et Stefan Schneider, alors encore connus sous le nom loufoque « Deux Baleines Blanches », entament un projet avec leur collègue néerlandais Cor Gout, de la formation haguoise « Trespassers W. ». « Punt. (punkt). », est une collaboration germano-néerlandaise destinée avant tout à thématiser le retour d’une certaine extrême droite dans les deux pays. On est alors à l’époque des pogromes de Solingen en ex-RDA et celle des premiers remous d’une droite dure hollandaise, qui sera incarnée plus tard par la figure aussi fascinante qu’abjecte de Pim Fortuyn. Ce projet leur permit à l’époque de tourner aussi à l’extérieur de leur pays et d’organiser des soirées Spoken Word. Fin 1994, a eu lieu le premier concert sous le nom actuel. Entre 1994 et 1996, Kreidler – entre-temps un quartet avec l’entrée dans les rangs de Thomas Klein et Detlef Weinrich -, a évolué d’une musique proche de l’esthétique Spoken Word politisée, inspirée de groupes de krautrock comme « Neu ! » et d’autres coryphées des années 1980, à des compositions instrumentales. La critique se mettait alors à les rapprocher de la célèbre école de Chicago et surtout à sa figure de proue : Tortoise.

C’est surtout la combinaison d’instruments digitaux et analogues, qui à l’époque était tout sauf naturelle – on était rock ou on était techno – qui a bluffé les critiques, particulièrement parce que Kreidler en extrayait une musique quasi naturelle qui n’avait rien de forcé. En 1996, après de nombreuses collaborations solo de divers membres du groupe, notamment avec le mastermind de « Kraftwerk », Klaus Dinger, Stefan Schneider a commencé son projet solo auquel il va se dédier exclusivement à partir de 1998 : To Rococo Rot, qui se veut plus ancré dans le postrock.

Mais avant cette séparation venait la consécration de Kreidler, avec la sortie fin 1996 de leur album « Weekend », qui leur a valu un grand succès d’estime aussi bien en Allemagne qu’aux Etats-Unis. Cet album nettement plus pop et plus structuré leur a apporté le support de personnalités comme David Bowie, Arto Lindsay, Pavement ou encore Stereolab. Après de longues tournées, ils publient en 1998 « Appearance and The Park », suivi de l’Ep « Coldness ». Après le remplacement de Schneider par Alex Paulick, le groupe se concentra de nouveau sur sa ville d’origine de Düsseldorf où il a entrepris la construction de son propre studio, duquel sortira son album éponyme en 2000. En 2002, les musiciens présentaient d’ailleurs le projet « Eve Future », qui était une combinaison vidéo et musique. Entre cet album et 2009, Kreidler ne donna presque plus signe de vie, ne serait-ce que par des projets impliquant les membres de la formation. Mais en 2009 paraissait « Mosaik 2014 » et en mars 2011 « Tank », le dernier album en date à ce jour.

Donc, pour celles et ceux qui veulent faire le tour de l’avant-garde de ces dernières décennies, la visite de l’Exit07 ce vendredi s’impose.


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