ÉCOLE FONDAMENTALE: Le grand bilan

von | 24.01.2013

Grosse journée ce jeudi pour la ministre de l’Education nationale. Le bilan de la réforme de l’enseignement fondamental a été présenté. Premières impressions.

Cela n’arrive pas si souvent dans l’Education nationale, mais il faut bien l’admettre : le bilan sur la réforme de l’enseignement fondamental (l’ancien enseignement « primaire ») est un texte intéressant à lire. Peut-être est-ce dû à son rédacteur, Siggy Koenig : l’ancien pilier du ministère désormais en retraite semble ne pas avoir été touché par la novlangue technocratique et son verbiage.

Le bilan présenté ce jeudi est une vaste chose (90 pages à lire en diagonale à quelques heures du bouclage) : d’une part, il s’appuie sur une étude réalisée par l’Université du Luxembourg, de l’autre sur un grand nombre d’entretiens avec les syndicats, les enseignants, les parents d’élèves, les collaborateurs du ministère et autres responsables scolaires, sans oublier les divers documents législatifs et administratifs. On regrettera toutefois que les auteurs du rapport aient consciemment exclu les élèves de leurs enquêtes. Certes, ils sont en bas âge et la tâche aurait nécessité un « travail de spécialistes », mais n’est-ce pas justement ce qu’on serait en droit d’attendre du ministère ?

Le talon d’Achille de ce rapport – l’avenir très proche nous le dira – c’est malgré tout son ton ouvertement politique. On sait au moins à quoi s’en tenir. A plusieurs reprises, le rapport fait mention de l’attitude partiale des syndicats dans les différentes polémiques, du colportage de rumeurs et de contre-vérités. Chose étrange, il loue la presse qui aurait accompagné la réforme de manière impartiale, à l’exception d’un « quotidien » qui se serait fait « le relais de la voix de son maître syndical ». La rédaction du Tageblatt appréciera, d’autant plus que l’on pouvait de temps en temps lire le contraire de ce qu’affirme le rapport.

Un rapport très politique

Evidemment, il ne fallait pas s’attendre à ce que le rapport pulvérise la première réforme phare du ministère. Sur un point – les comités d’école et leurs présidents élus – le rapport note même avec satisfaction qu’il s’agit d’une réussite. Cette réussite s’explique tout d’abord par le fait qu’il s’agit d’un des rares point soutenu par les syndicats : de concert avec le gouvernement, ils s’étaient opposés au principe des « directeurs d’école » avancé par certains partis politiques (« la majorité des parlementaires firent grise mine »), dont notamment les Verts, pourtant réputés être originellement des promoteurs de l’autogestion. Malgré des clarifications à apporter, comme une définition plus avancée des droits et devoirs de ces présidents, le principe serait globalement bien accepté par les enseignants.

A en croire le rapport, l’évaluation par compétences serait en cours d’acceptation (il faut toutefois remarquer que seuls 16 pour cent des enseignants auraient répondu au questionnaire). Concernant les bilans, le rapport se montre lapidaire : certes, il faudra les revoir, « mais », continue-t-il, « les schémas de pensée sont difficiles à changer ». Autre sucrerie à l’attention des enseignants : eh oui, la réforme inclut plus de travail. Et il la quantifie : en moyenne 45 minutes de travail en plus par jour – ce serait le contrepoids à la revalorisation des carrières. On n’a rien pour rien dans ce bas monde…

Mais ce rapport n’arrive toutefois pas à désamorcer un reproche de taille : la participation du corps enseignant. Au contraire, il ne fait que le confirmer. Certes, le rapport énumère – mais ce n’est pas chose nouvelle – le très grand nombre de réunions d’informations qui furent tenues avec les acteurs de l’enseignement. Mais voilà que nous touchons à un gros problème de compréhension : la différence entre information ou consultation et inclusion réelle en amont. Mais peut-être est-ce définitivement trop tard pour revenir sur ce point.

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