FRANCES HA: Histoires d’égos

Noah Baumbach nous présente sa septième création avec le long métrage « Frances Ha ». Une comédie dramatique qui est un portrait humain d’une vie.

Portrait touchant d’une jeunesse qui ne veut pas finir.

France vit avec sa meilleure amie Sophie. Unies comme les doigts de la main, rien ne semble pouvoir perturber leur bulle, mais la vie va très vite leur imposer ses lois. Sophie déménage pour vivre dans le quartier de ses rêves. Frances se voit contrainte d’emménager dans une colocation avec deux amis rencontrés lors d’une soirée. Elles vont ainsi tracer leur propre chemin chacune de leur côté, surtout après s’être brouillées. Entre difficultés financières, licenciement, relations de couple, voyages improvisés, repas de famille, solitude et fêtes, Frances finira par trouver sa voie et bien davantage.

En plus d’être une réflexion sur l’amitié, ce film est un portrait touchant de la jeunesse qui peine à s’orienter dans la vie. Le personnage de Frances est drôle et dramatique à la fois, chaotique et indécis mais motivé et ambitieux. Son côté excentrique lui donne une réelle personnalité, mais sa situation, ses choix scabreux, ses impulsions, son désarroi, son manque d’orientation reflètent très bien la difficulté qui se présente à tous à un moment donné de savoir comment trouver sa place dans la société et dans la vie. Sophie est en quelque sorte l’alter ego de Frances : calme, réfléchie, ordonnée, ses envies et ambitions sont à l’opposé de celles de son amie. Le contrebalancement des deux personnalités qui traversent la même période enrichit non seulement le récit mais également l’éventail de possibilités que la vie peut offrir. En général, le film repose sur de nombreux paradoxes pourtant compatibles. Cela illustre non seulement le côté compliqué et à la fois simple de la vie, mais aussi les difficultés que posent les relations humaines.

Le film est intégralement filmé en noir et blanc, cette méthode peu répandue aujourd’hui offre un aspect uniforme, voire intemporel au récit. Les longues scènes sont rares, de nombreux plans courts rythment le long métrage. Cette dynamique reflète la rapidité des évènements, l’éphémère des moments à traverser, le changement perpétuel et inévitable dont est fait le quotidien. La simplicité des décors et des costumes ainsi que les nombreux plans fixes donnent aux images une impression de réel sans être documentaire. Les dialogues passent presque au second plan malgré leur abondance ; les images parlent d’elles-mêmes. La musique finit de plonger le spectateur au sein de l’action. La performance des acteurs est excellente. Très expressifs, ils n’ont pas besoin de mots pour faire passer leur message.

Le réalisme de ce film ne le rend pas distrayant, d’autant plus qu’il ne met pas en scène uniquement les bons côtés de la vie. Il n’en est pas pour autant mauvais. Etant presque un miroir, « Frances Ha » est plutôt contemplatif. Qu’il offre une vision de la vie en général, une belle histoire d’amitié ou le récit bien précis de l’amitié de deux jeunes filles, il est à conseiller aux jeunes comme aux adultes, aux amoureux comme aux célibataires et surtout à tous les meilleurs amis.

A l’Utopia


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