POP: Sentiments électroniques

Le groupe anglais Metronomy est actuellement en tournée à travers l’Europe, afin de promouvoir son quatrième album « Love Letters ». Il nous fera l’honneur de faire un petit tour par le Luxembourg, le 31 mars à la Rockhal.

Haï ou adulé, Metronomy restera toujours un groupe hors pair. (Photo: ©Phil Sharp)

« Metronomy », le quartet anglais fondé en 1999 par Joseph Mount ne vise pas la productivité de masse mais bien la création. A côté de nombreux remix, le groupe a développé au fil des ans une identité propre. Sa musique est, instrumentalement parlant, très riche. Les sons électroniques sont accompagnés, entre autres, de batterie, de guitare et de saxophone. Le chant est principalement soutenu par Mount. Pourtant, comme l’entité de leur création, il s’agit d’abord d’un travail d’équipe, tous les membres s’adonnent au chant, ne serait-ce que dans les choeurs.

Sorti il y a moins de deux semaines, « Love Letters », le nouvel album du groupe, a déjà fait parler de lui. Et pour cause, ces quatre British savent gérer leur communication. Les réseaux sociaux ont certainement servi d’outil de promotion mais il faudra noter que les musiciens n’ont pas lésiné sur l’aspect visuel pour se mettre en valeur et faire circuler leurs oeuvres. Ils se sont entourés des plus grands pour réaliser leurs clips vidéo : « Love Letters » a été réalisé par Michel Gondry tandis que « I’m Aquarius » est le résultat du travail d’Eduard Salier.

En tout cas, pour leur petit dernier, toute publicité semble être bonne à prendre. Le groupe est autant lynché qu’adulé, et la presse spécialisée semble très partagée quant à la qualité de leur nouvelle création. Certains crient à l’innovation et adorent ce rythme bien maîtrisé, froid et calculé, teinté de sons pop un peu rétro ; d’autres ne se gênent pas pour faire remarquer que leur approche musicale est molle, trop larmoyante et que ce n’est que du réchauffé.

Une chose semble pourtant claire, un souci d’authenticité marque la production de cet album, enregistré dans les fameux studios « Toe Rag » à Londres. Joseph Mount et ses trois acolytes ont préféré le travail sur bande magnétique et en analogique. Une sorte de retour aux sources, ce choix d’un son un peu poussiéreux et sale résonne avec les textes très personnels, qui ne cessent de parler de chagrin d’amour, de déception amoureuse, de questionnements face à l’autre, enfin bref un véritable hymne à l’amour déçu. Leur création musicale est finalement assez épurée et minimaliste. Le rythme plutôt entêtant qui se dégage de la majorité des titres est pourtant vide de dynamisme. Le mélange de sons pop des années 1960 avec des teintes d’électro moderne retranscrit assez précisément la mélancolie omniprésente des titres. Les clips vidéo illustrent cette atmosphère languissante et schématique à la perfection, à travers des décors simples voire primaires.

Pourtant pas question de s’apitoyer sur son sort ni de se laisser aller à sa propre rêverie mélancolique pendant leur performance. Leurs concerts n’ont rien de déprimant. La célébration de leur art se fera en pleine lumière et sera haute en couleur. Metronomy aime à rythmer sa musique à travers de petits points lumineux ou rais de lumière qui s’animent en fonction des sons. Le public ne sera pas le seul à danser.

Ce 31 mars à la Rockhal.


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