HISTOIRE: L’histoire humaine sur le gril

von | 17.10.2014

Une opération de communication savamment orchestrée, c’est l’impression que laisse la tournée de lancement de la version anglaise de « Sapiens: A Brief History of Humankind » du professeur Yuval Noah Harari : interviews dans les plus grands médias britanniques, conférences jusqu’en Slovénie et image parfaitement maîtrisée. Best-seller en Israël en 2011, le livre se donne pour tâche herculéenne d’identifier les mécanismes sous-jacents de l’histoire humaine dans sa totalité.

Une gageure ? Pas forcément : Harari parvient, en quatre étapes essentielles – la révolution cognitive, la révolution agricole, l’unification de l’humanité et la révolution scientifique -, à captiver son lecteur avec un style à la fois académique et saupoudré d’exemples concrets ainsi que d’humour pince-sans-rire. Une énième entreprise commerciale qui surfe sur la vague d’interrogations que crée une société mal en point ? Peut-être, mais force est de constater la sincérité de la démarche : on sent dans le style de l’auteur une réelle empathie pour la souffrance animale provoquée par notre agriculture, ou un réel malaise à ne pouvoir découvrir le mécanisme qui fait que, tout au long de l’histoire, l’écrasante majorité des sociétés humaines ont accordé un statut supérieur à l’homme par rapport à la femme.

Cette impression de sincérité se renforce en regardant les vidéos du cours qu’il dispense sur la plate-forme Coursera. Même si d’aucuns associeront cette formation en ligne au caractère commercial du projet en général, l’auteur affirme lui que « puisqu’[il] enseigne l’histoire mondiale, il semble logique de s’adresser à un public mondial ». Pari réussi, avec plus de 65.000 participants pour la première édition.

Evidemment, quelques affirmations non conformistes créent un certain malaise. Ainsi celle que le blé a domestiqué l’homme et non l’inverse – l’homme se démène pour le semer à grande échelle, le débarrasser des adventices, le fertiliser… – peut-elle faire grincer des dents par exemple. Tout comme ce qu’on pourrait considérer comme une curieuse absence de prise de position devant les défis qui se posent à l’humanité, pourtant clairement énoncés.

Aldous Huxley, dans sa préface de 1946 au « Meilleur des mondes », proposait comme direction de l’histoire « un seul totalitarisme supranational, généré par le chaos social résultant du progrès technique » ; Harari se garde de tournures pessimistes, mais brosse un tableau relativement similaire. Ainsi, si elles ne sont ni complètement neuves ni entièrement révolutionnaires – ce qu’il ne nie pas -, ses idées ont le mérite d’être rassemblées et articulées avec brio dans un ouvrage au plan impeccable.

C’est là tout l’intérêt du livre : il nous propose, exemples parfois millénaires à la clef, de réfléchir sur notre condition humaine et sur comment nous en sommes arrivés là. Pas besoin d’être d’accord sur toute la ligne pour faire fonctionner ses méninges, comme le précise l’historien devenu médiatique et qui prépare maintenant un livre sur l’agenda humain pour le 21e siècle.

 


Yuval Noah Harari, « Sapiens: A Brief History of Humankind », Harvill Secker, 2014
Eine deutsche Übersetzung wurde im letzten Jahr veröffentlicht: « Eine kurze Geschichte der Menschheit », DVA Sachbuch, 2013
Une traduction française sortira en février 2015

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