Sakaguchi Hironobu: Final Fantasy

Enfin une équipe complète du petit écran a trouvé le chemin vers le septième art. Non, il ne s’agit pas d’une quelconque soap, mais des personnages de „Final Fantasy“ recréés par leur concepteur pour incorporer leur propre rôle dans son film.

L’équipe autour du Docteur Aki: presque aussi vrais que nature.

Un aperçu du cinéma de demain

Qui se souvient encore, non sans émotion d’ailleurs, de la première tentative d’introduction d’images de synthèse au cinéma avec Tron, un bide absolu sorti en 1981? Seuls les accros ont encore à l’esprit cette histoire d’ingénieurs coincés dans les circuits complexes de leurs PC, pourtant, il s’agit là des premiers balbutiements de ce qui est aujourd’hui un genre à part entière, le cinéma „synthétique“.

20 ans après, le créateur du célèbre jeu vidéo Final Fantasy, Hironobu Sakaguchi, sort le film. C’est le premier concepteur d’un jeu se risquant à l’élaboration de sa version au cinéma. Première encore, il s’agit, dans le cas de Final Fantasy, de faire appel aux seules technologies digitales … pas un seul acteur de chair et d’os sous la main, pas un décor naturel … tout est sorti des studios feutrés de Square Pictures, département cinéma du géant Square Soft. Des studios de cinéma à l’allure particulière; sans caméras, ni plateau, seulement des ordinateurs de Silicon Graphics ultra- musclés et des bureaux.

Trois années de travail acharné, derrière un écran, afin de recréer tout un univers. Sakaguchi s’est donc donné beaucoup de mal: „Quand nous avons commencé à travailler les premières images du film, nous n’avions presque rien. Nous avons dû inventer tous les logiciels nécessaires à la composition des vêtements, de l’univers du film, des visages et surtout, des cheveux!“

Pour arriver à ce résultat saisissant de réalisme, Sakaguchi a décidé de rejeter tout le matériel graphique et technologique existant pour ne faire que du neuf. Une méthode déjà éprouvée pour ses conceptions de jeux vidéos.

Le spectateur qui n’a que faire de ces considérations techniques tombera sûrement sous le charme de cet univers onirique superbe, il s’extasiera sur la réussite des acteurs numériques, surtout pour la magnifique Aki dont on regrette déjà la non-existence humaine, par contre, il restera sur sa faim quand il s’agira de s’intéresser à ce mince scénario qui n’a pas su éviter les pièges de la SF à trois sous digitaux.

L’action se situe en 2065 alors que la terre est réduite à un champ de ruines habité par des fantômes extraterrestres. Réfugiés sous un dôme protecteur, les derniers humains se disputent sur les moyens de lutter contre l’invasion. Le général Hein prône l’élimination systématique de l’ennemi, au risque d’abîmer encore plus la planète. Contrairement au général sanguinaire, un groupe de savants dont fait partie le docteur Aki, demeure convaincu que ses charmants ectoplasmes détiennent la clé de l’avenir de l’humanité.

En gros, Sakaguchi agrémente son film d’un discours convenu, écologico-pacifique dans l’air du temps avec une pincée de new age et d’ondes ectoplasmiques positives.

Le spectateur l’aura bien compris, ce n’est pas un film de contenu qu’il lui est donné de voir mais un plein d’images souvent belles, sensationnelles, une avancée technologique sans précédent après les Terminator 2, Jurassic Park, Shrek … Nous voilà donc à l’ère du contrôle absolu sur l’image en fonction de l’effet souhaité. Cela pourrait inquiéter les partisans d’un cinéma plus réaliste, capable de capter l’expression d’un acteur réel, la magie d’un paysage sans artifices, autant d’événements visuels irremplaçables car soumis aux aléas du réel. A cela, nous pouvons répondre par un argument économique: qui coûte le plus cher, un Tom Cruise réel ou son sosie numérique sur lequel le premier ne manquera pas d’exercer son droit à l’image? Le cinéma de papa a certainement encore de beaux jours devant lui.


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