Gregario : Whistleblowers

von | 03.08.2020

Le premier album solo de David André, connu pour avoir officié dans des groupes indé comme Mount Stealth ou Metro, est un retour au calme – mélodies de piano éthérées, batteries efficaces et beaucoup de place pour l’imagination. 

Depuis quelques années, un virus étrange fait des ravages parmi celles et ceux qui pendant les années 1990 et 2000 ont parcouru les chemins de la musique underground luxembourgeoise et ont donc vécu de près la professionnalisation de la scène avec ses plus et ses moins. Un virus qui leur fait apparemment perdre le maniement des guitares et les tourne résolument vers les claviers et autres machines à fabriquer des sons électroniques. À l’instar d’anciens membres de Mount Stealth, Hal Flavin ou encore Inborn, David André a donc abandonné la dynamique de groupe, les salles de répétition et leurs odeurs – disons – spécifiques, les amplis trop lourds à porter sur scène pour le calme du home studio. Le nom du projet induit donc en erreur : ce Gregario n’est pas un animal « qui vit en groupe ou en communauté, mais sans structure sociale », comme le définit le Larousse.

Mais là où ses acolytes optent souvent pour une musique flashy et dansable, composée d’une myriade de sons ou allant vers la musique de bande originale de film, André a opté pour l’introspection. Les seuls sons – à l’exception des percussions – écoutables sur « Whistleblowers » proviennent du piano. Les compositions souvent en boucles répétitives et dynamisées par la batterie de Paul Fox activent les sens et l’envie de rêvasser avec le compositeur. Si les « liner notes » évoquent le groupe From Monuments to Masses comme point de comparaison, l’on ne peut pas s’empêcher de penser de temps en temps aux très regrettés 90 Day Men, surtout dans les derniers albums où le piano prenait plus de place. D’ailleurs, André ne s’est pas à cent pour cent détourné de l’univers du rock indé, comme le prouve le titre « Lee Ralentando », une allusion au guitariste Lee Ranaldo, qui officiait parmi les légendaires Sonic Youth, icônes du genre.

Bref, « Whistleblowers » est un EP discret mais puissant à écouter avec ou sans confinement.

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