
(Photo : Wiki Commons)
Le ministre CSV des Finances, Gilles Roth, a confirmé que la Spuerkeess a fermé les comptes que la Cour pénale internationale (CPI) détient auprès d’elle, lors d’un échange animé avec la députée Déi Gréng Sam Tanson, à la Chambre, ce 3 mars. La banque, détenue à 100 % par l’État, a pris cette décision de manière indépendante, sans intervention du gouvernement, a avancé le ministre. Selon Gilles Roth, la BCEE veut se prémunir de possibles sanctions américaines susceptibles de lui couper l’accès aux réseaux de paiements internationaux et aux banques américaines, indispensables pour les transactions en dollars. La CPI est honnie par Donald Trump, qui lui reproche des enquêtes sur des crimes de guerre possiblement commis par des soldats américains en Afghanistan. Sa fureur contre la juridiction a redoublé après l’émission, par le procureur de la CPI, de mandats d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et de son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Dénonçant « une obéissance anticipée » face à de possibles sanctions américaines, Sam Tanson a relevé l’hypocrisie d’un gouvernement qui se pose officiellement en ardent défenseur de la justice internationale. « Le Luxembourg demeure un fervent défenseur de la CPI », affirmait encore le gouvernement le 8 septembre dernier, dénonçant « les menaces, intimidations et pressions » dont la Cour est l’objet. De la parole aux actes…

