ARCELOR-MITTAL: Le noceur de Gandrange

von | 08.02.2008

Le président Sarkozy a tenu à venir en aide aux sidérurgistes lorrains. La question est de connaître le sérieux de ses propositions.

« Personne n`est dupe sur l`objet réel de la visite-éclair de Nicolas Sarkozy à Gandrange : chute dans les sondages, perte de sa popularité … Le Président veut se refaire une vertu politique sur le dos des ouvriers d`Arcelor Mittal». Le commentaire de la députée de Moselle Aurélie Filipetti (PS) est pertinent si l’on reste dans la logique médiatique de l’hyperprésident des Français-es. Même s’il vient d’une femme politique de l’opposition – encore heureux qu’une telle opposition existe encore après la fameuse « politique d’ouverture » de Sarkozy -, ce doute amer d’être usé par le monde médiatico-politique ne cesse de planer sur les ouvriers gandrangeois. Car ce ne serait même pas la première fois qu’ils deviennent l’objet d’une manoeuvre médiatique. Déjà avant la reprise d’Arcelor par Mittal en 2007, Gandrange, qui est passé aux mains de Mittal en 1999, a été l’argument-massue que sortirent de leur sac les défenseurs de la reprise. On sait maintenant à quoi servait cette manoeuvre qui, dans le temps, avait même conduit les syndicalistes de Gandrange à critiquer leurs collègues qui travaillaient dans les usines d’Arcelor.

En clair, quels sont les plans de Nicolas Sarkozy ? Qu’il ait pris note des revendications des syndicalistes est chose normale pour un président de la République, qui se veut proche du peuple. Quant à ses deux propositions de solution, elles vont toutes dans la même direction : droit dans l’impasse. Que l’Etat français paye à la place de Mittal pour moderniser le site de Gandrange pour garder le site intact est doublement irréaliste : premièrement ce n’est pas à l’Etat – et donc au contribuable – de combler les trous d’une multinationale qui a fait six milliards d’euros en 2007. Et puis, il est fort à parier que Bruxelles ne voie pas d’un bon oeil des subventions étatiques qui contrecarrent sa sacro-sainte doctrine de la « liberté des marchés ». Mais il se peut très bien que M. Sarkozy ait inclus ce refus européen dans ses calculs : après tout, si ça foire, c’est la faute à l’Europe. Cette politique a très bien marchée sous le président Chirac, et son successeur, rupture ou non, semble bien avoir appris ce petit trucage politique du grand mage amateur de têtes de veau.

L’autre idée brillante de Nicolas Sarkozy est de chercher un autre repreneur pour Gandrange. Seul problème : une petite annonce disant « Cherche repreneur pour usine sidérurgique déficitaire en Lorraine », ne risque pas d’attirer grand monde. Et encore, même si cela se trouvait – effectivement le nom Lucchini, une firme italienne spécialisée dans les longs produits qui appartient au concurrent russe Severstal, serait tombé – qui peut garantir que de telles situations ne se reproduiront pas ?

Enfin, la performance du président sur le site de Gandrange sert aussi – et certains soupçonnent même surtout – à redresser le taux de popularité d’un homme qui tombe presque plus vite qu’il est monté dans les sondages. Se refaire une popularité sur le dos d’ouvriers qu’on roulerait dans la farine une deuxième fois, serait cynique mais pas irréaliste pour un politicien qui aime faire la cour aux grands de ce monde et qui partage leur sens de l’humour.

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