Chargés d’éducation : « Une nette amélioration »

Le vote d’un projet de loi améliorant les conditions de travail des chargés d’éducation représente une avancée. Mais les chargés ne sont pas encore tout à fait satisfaits.

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(Photo : Börkur Sigurbjörnsson/flickr)

« Un pas dans la bonne direction », « une avancée considérable », « une nette amélioration »… Mardi, à la Chambre, partis de la majorité comme de l’opposition étaient d’accord : le projet de loi 6923 fixant les conditions d’engagement et de travail des chargés d’éducation représente une avancée.

Le résultat en était le reflet : 57 voix pour, trois voix contre. Si les trois députés ADR n’ont pas voté pour le texte, c’était dû à une clause fixant à deux des trois langues officielles le nombre de langues requises pour pouvoir devenir chargé.

L’emploi de chargé de cours dans l’enseignement secondaire et secondaire technique, conçu comme une solution transitoire au départ, fait partie du paysage éducatif luxembourgeois depuis 1984. Si bien que ceux-ci représentent plus d’un quart des enseignants. « Les chargés font aujourd’hui partie intégrante du système éducatif luxembourgeois », a expliqué le rapporteur du projet de loi, le libéral Claude Lamberty. Or, leur statut était resté longtemps au niveau d’une solution transitoire, et leurs conditions de travail et de rémunération, loin de ce qui est usuel dans l’enseignement au Luxembourg.

Il s’agissait de redresser la barre, après des années d’insécurité et de conflits. Dans le cadre de la réforme de la fonction publique de 2015 (woxx 1312), l’Association des chargés de l’enseignement national (Acen) s’était plainte du fait que la situation des chargés avait été ignorée une fois de plus.

Ce vote du 14 juin était donc un aboutissement, en quelque sorte. Deux statuts sont créés : celui du chargé « de remplacement », en CDD (contrat à durée déterminée), qui ne pourra être embauché que pour des périodes limitées, comme pour le remplacement d’un congé de maternité ; et celui du chargé « de renforcement », en CDI (contrat à durée indéterminée), qui devrait devenir la règle.

Une reconnaissance symbolique

(Photo : Wikimedia)

(Photo : Wikimedia)

La tâche des chargés sera, elle, progressivement adaptée à celle des enseignants fonctionnaires. Un processus qui devrait aboutir à une tâche hebdomadaire de 22 heures et qui, en même temps, permettra la création de 50 postes de chargés en plus. Une manœuvre avec un coût financier a priori négligeable, puisque le texte de loi est dépourvu de fiche financière. Ce que n’a pas manqué de remarquer la députée CSV Martine Hansen, pour qui il est difficilement imaginable que l’opération n’aura pas d’impact financier.

Côté chargés, on se dit plutôt satisfaits du vote de mardi. « C’est un premier pas dans la bonne direction », commente Luc Wildanger, président de l’Acen. « C’est aussi une reconnaissance symbolique. Mais pour que nous soyons réellement satisfaits, il faut aussi qu’on avance sur la reconnaissance de nos diplômes. »

Celle-ci fait en effet l’objet de négociations entre le ministre de Fonction publique Dan Kersch et l’Association des employés de l’État (AEE), partie intégrante de la CGFP. Or, entre l’Acen et la CGFP, les relations sont plutôt tendues depuis que l’association de chargés a appelé à manifester contre le vote de la réforme de la fonction publique en mars 2015. Entre les deux organisations, les échanges sont inexistants pour le moment, affirme Luc Wildanger, qui se dit néanmoins « ouvert à tout dialogue ».


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