Conférence climatique : Sur le fil du rasoir

von | 10.12.2015

Alors que la fin des négociations approche, beaucoup de points restent à éclaircir. Que ce soit en matière de justice ou d’efficacité, les résultats seront en deçà des attentes.

1349_news_raym« En cette fin de COP21, une coalition forte Nord-Sud sur le financement manque vraiment », c’est ce qu’a constaté Alix Mazounie du « Réseau action climat France » (RAC) lors de la conférence de presse des ONG ce jeudi matin. Elle a ainsi mis le doigt sur un enjeu central des négociations : comment décliner le paradigme de la « différenciation ». Rappelons que dans la convention-cadre des Nations unies sur le climat (UNFCCC) originale de 1992, les signataires s’étaient engagés à lutter contre le changement climatique « selon leurs responsabilités communes mais différenciées, leurs capacités respectives et leur situation sociale et économique ». L’idée étant que les pays du Nord devaient leur richesse à 150 ans d’émissions de CO2 sans restriction et demeuraient les plus gros émetteurs. À eux donc de faire un gros effort de réduction, et de contribuer financièrement au développement vert des pays du Sud.

Depuis, le monde a changé, insistent aujourd’hui les pays du Nord. Comme le présente une note explicative du site CarbonBrief.org, un pays comme la Chine est en train de rattraper son « retard » en termes d’émissions accumulées. Par ailleurs, de nombreux pays du Sud ont entre-temps acquis une puissance économique qui leur permet de financer eux-mêmes des projets verts, même dans d’autres pays. Faut-il alors revenir sur la répartition dichotomique des pays datant de 1992 ?

« Oui, mais », estime Paul Polfer, représentant le Klimabündnis luxembourgeois au sein de la délégation nationale au Bourget. « De toute façon, on ne peut pas autoriser les pays du Sud à continuer, comme nous auparavant, à utiliser pendant 150 années les énergies fossiles », constate-t-il. « Il faut que notamment le statut des pays émergents converge avec celui des pays industrialisés. » Mais Polfer n’entend pas jeter par-dessus bord l’idée de « différenciation » : « En matière de financement, les responsabilités ne doivent certainement pas être les mêmes. » Pour une estimation équitable des devoirs des pays en matière d’émissions, de financement et au vu de leurs capacités à agir, il renvoie à un modèle développé par le Stockholm Environment Institute (http://civilsocietyreview.org). En comparant cette estimation avec les objectifs volontaires présentés à Paris, les « Intended Nationally Determined Contributions » (INDC), le résultat est affligeant. Des pays comme la Chine et l’Inde s’en sortent correctement, tandis que l’Europe, les États-Unis – mais aussi la Russie – font mauvaise figure. Polfer souligne tout de même que le Luxembourg, grâce à un engagement financier généreux, est relativement bien classé.

Quelle contrainte ?

Autre enjeu de la dernière ligne droite des négociations au Bourget : inscrira-t-on comme objectif la limitation du réchauffement à 1,5 au lieu de 2 degrés ? Les avis sur l’importance de ce point, y compris parmi les ONG, divergent. Au vu des INDC, qui nous amèneraient plutôt à 3 degrés, Polfer y voit un objectif symbolique. D’autres critiques jugent que, sans force juridique, le traité en train d’être conclu représente de toute façon un édifice très fragile. « Contraignant, avec des sanctions, ce serait l’idéal », estime Kaisa Kosonen, une des leaders de la délégation de Greenpeace au Bourget. Mais, à ses yeux, « l’ambition des actions décidées compte plus que ces formalités ». Et, de ce côté, beaucoup resterait à faire.

L’ambiance, en cette seconde semaine de négociations, n’est pas à l’optimisme. Échouera-t-on sur la question des engagements financiers que le Nord devrait concéder afin de faire accepter par le Sud des objectifs ambitieux en matière de réduction de CO2 ? Pour l’eurodéputé vert luxembourgeois Claude Turmes, ce débat n’a pas lieu d’être : « Investir dans les énergies renouvelables n’est pas une punition, mais une opportunité », affirme-t-il. Non sans souligner qu’il faudra un coup de pouce international pour offrir aux pays du Sud des coûts de crédit corrects. Et tout cela sans contrainte juridique ? Certes, cela inquiète Polfer. « Mais j’ai un espoir, qui est aussi une crainte », dit-il. « L’impact de plus en plus palpable du changement climatique représentera une pression bien plus forte que toute contrainte formelle. »

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