Dans les salles : Only You

Joli coup de casting pour le premier long métrage de la réalisatrice britannique Harry Wootliff : dans « Only You », son duo amoureux est composé de Laia Costa (étonnante dans « Victoria ») et Josh O’Connor (remarquable dans « God’s Own Country »). Le scénario, lui, reste plutôt prévisible.

Une alchimie qui crève l’écran. (Photo : Cinemien)

Il y a des couples de cinéma qui demeurent dans les cœurs des cinéphiles par-delà les années, tant ils ont su montrer à l’écran une véritable alchimie, apte à susciter les émotions les plus profondes. Sera-ce le cas de celui incarné dans « Only You » par Laia Costa et Josh O’Connor ? Probablement pas, puisque le film n’a bénéficié que d’une toute petite sortie, au cœur de l’été, dans un nombre limité de pays. Mais que l’on ne s’y trompe pas : avec ces deux interprètes déjà en vue dans le circuit art et essai, on tient là une performance à saluer comme il se doit. D’autant que celle-ci est le principal attrait d’un long métrage assez prévisible dans son scénario, et aux rôles secondaires quelque peu sous-développés. Mais n’anticipons pas.

À Glasgow, après un réveillon bien arrosé, Elena partage un taxi avec Jake et, coup de foudre oblige, se retrouve rapidement en couple avec lui. Si la différence d’âge ne semble pas de prime abord perturber leur relation – Elena a 35 ans, Jake 26 –, elle s’avère handicapante lorsqu’il s’agit de concevoir un enfant. Le couple doit passer par les aléas de la fécondation in vitro, qui aura évidemment une influence sur son bien-être. On imagine aisément les scènes de bonheur éclatant, puis les doutes, puis les disputes et les bouderies, dans une histoire d’amour déjà montrée plus souvent qu’à son tour.

Et c’est vrai que, côté scénario, « Only You » pèche un peu par paresse, sans véritables rebondissements ni surprises. Le film tire vers le drame social sans pourtant s’y plonger, refuse de se muer en comédie grinçante, flirte avec le documentaire sur la procréation médicalement assistée tout en ne versant pas dans la romance fleur bleue. Un peu de tout sûrement, ce qui accentue le côté quelque peu brouillon. Les rôles secondaires sont ainsi réduits à des faire-valoir : en gros quelques interactions avec la famille ou les amis, qui ont pour but essentiel de rompre le huis clos autrement étouffant entre les deux protagonistes. Car l’amour fusionnel du début peut être tout aussi étouffant que les tensions qui émergent plus tard.

Alors, raté, « Only You » ? Eh bien non, grâce à la performance remarquable de ses deux interprètes principaux. Laia Costa passe des minauderies de séduction à la plus pure détresse avec une facilité déconcertante, et l’empathie de Josh O’Connor à l’écran est communicative. On se régale à voir évoluer le couple, malgré tous les défauts qu’on peut trouver au film. Il faut aussi reconnaître à Harry Wootliff d’aborder un sujet de société très discuté en ce moment sans tomber dans le pathos exagéré. Toujours, d’ailleurs, grâce à la maîtrise du jeu d’une comédienne et d’un comédien qui illuminent l’écran lorsqu’ils sont ensemble… c’est-à-dire pendant l’immense majorité du film.

Oui, il y a des couples de cinéma qui restent dans les cœurs des cinéphiles par-delà les années, et il est à parier que celui-ci fera date. Même si peu auront l’occasion de s’en délecter et si bien des aspects du film auquel leur talent est offert seraient perfectibles. « Only You » ne devrait plus tenir très longtemps en salles, avec l’arrivée des grosses sorties de la rentrée, alors vous voilà au courant !

À l’Utopia. Tous les horaires sur le site.

L’évaluation du woxx : XX


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