Esch 2022 : les anormalités continuent

von | 25.05.2020

Quelques jours après le départ du deuxième directeur artistique de la capitale européenne de la culture, les langues se délient en coulisses – et une nouvelle asbl eschoise entre en scène.

(©E22)

La sobriété du communiqué envoyé mercredi dernier par Esch 2022 pour notifier le public du départ, attendu, de Christian Mosar de son poste de directeur artistique s’explique un peu mieux quand on connaît les dessous. Selon plusieurs sources proches du dossier, la situation entre le directeur et ses collègues s’était tendue ces derniers mois, au point où des suites juridiques auraient même été envisagées. Les mêmes sources disent que « le concerné » Mosar serait allé jusqu’à engager un avocat. Il est question d’accusations de calomnie et de harcèlement contre les autres responsables de la capitale culturelle 2022.

L’arrangement « à l’amiable » trouvé aurait aussi été rendu possible par la peur d’un troisième procès en matière de droit du travail. Rappelons que la première équipe, composée de Janina Strötgen et d’Andreas Wagner, a gagné le premier round devant les tribunaux – l’addition pourrait être salée et on ne voulait sûrement pas la faire monter encore davantage.

En même temps, une association eschoise a fait son apparition sur le registre de commerce luxembourgeois. Baptisée « frEsch », elle est composée de personnel communal de la ville et présidée par l’échevin à la culture, Pim Knaff. Son objet ? « [C]ontribuer à implémenter la stratégie culturelle [Connexions] de la Ville d’Esch-sur-Alzette et notamment en soutenant, gérant ou accompagnant les événements, projets et lieux créatifs. » La composition de son conseil d’administration est écrite de façon à ce que l’association n’échappe pas à la commune, car il devra comprendre l’échevin-e chargé-e des affaires culturelles, le ou la secrétaire de l’administration communale d’Esch-sur-Alzette, un-e représentant-e du service du développement urbain et deux représentant-e-s du service culture. Les fonctionnaires et employé-e-s de la commune auraient été encouragé-e-s à rejoindre les rangs de « frEsch ». Les mêmes laissent entendre que l’objet de l’association ne serait pas toute sa raison d’être : il s’agirait aussi de repêcher des projets eschois qui n’auraient pas été choisis par le jury d’Esch 2022. Il est vrai que la commune a besoin de perspectives au-delà de l’année culturelle, et que quand le cirque aura quitté la ville, les associations et les porteuses et porteurs de projets resteront. Ajoutez-y les projets retirés de la part de la Kulturfabrik, qui avaient fait le tour de la presse en février, ainsi qu’une ribambelle d’autres projets jugés insatisfaisants de la part du comité de lecture d’Esch 2022 − mais dont nous possédons la documentation − et cet acte fait sens.

Christian Mosar sera-t-il engagé par cette nouvelle asbl, lui qui avait laissé entendre qu’il resterait fidèle à la deuxième ville du pays ? Ce n’est qu’une spéculation pour le moment. En tout cas, la date de constitution de l’association indiquée dans le dossier « frEsch » au registre de commerce, le 23 mars 2020, exclut une relation de cause à effet entre la création de l’association et la démission du directeur artistique.

Entre-temps, la capitale culturelle Esch 2022 continue de s’enliser, après la perte de son deuxième directeur artistique. Beaucoup de porteuses et porteurs de projets attendent toujours des réponses concrètes de la part de la direction et ne sont pas les seul-e-s à s’impatienter. Les communes, qui doivent voter leurs budgets en automne, voudraient bien savoir aussi ce qui les attend. Bref, « alles leeft normal », comme dit le running gag inventé par l’artiste eschois Théid Johanns.

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