Esch 2022 : Mischo l’écolier

von | 29.03.2018

Après avoir lâché les coordinateurs de la capitale culturelle européenne dans une interview juste avant une réunion du conseil d’administration et une soirée d’information pour les élus locaux, le bourgmestre d’Esch-sur-Alzette a été désavoué à son tour.

S’il croyait échapper aux interrogations brûlantes en interdisant à la presse de poser des questions lors de la soirée d’information, Georges Mischo s’est bien gouré. Car bien sûr, son interview donnée au Tageblatt et parue le matin même – dans laquelle il traitait le duo Strötgen/Wagner d’écoliers ne sachant pas calculer un budget – avait soulevé l’indignation, même dans les rangs de son parti, comme on a pu l’entendre dans les couloirs.

L’éléphant dans la salle a donc été désigné par le député et conseiller communal de Déi Lénk Marc Baum et par l’ancienne bourgmestre et conseillère aussi Vera Spautz. Tous deux voulaient savoir comment Mischo envisageait de continuer à collaborer avec des personnes qu’il maltraite ainsi publiquement, la question étant bien sûr de savoir si lui en tant que président du conseil d’administration de l’asbl Esch 2022 était favorable à la prolongation du contrat des coordinateurs jusqu’en 2023. Si Mischo s’est caché derrière un « Je ne peux pas anticiper la décision du conseil d’administration, et d’ailleurs je ne suis pas le seul à décider » tout en refusant de commenter l’interview litigieuse, ses deux vice-présidents (les bourgmestres de Differdange et de Dudelange, Roberto Traversini et Dan Biancalana) ont – en utilisant toutes les nuances possibles de la palette des expressions politico-politiciennes – exprimé leur soutien au duo Strötgen/Wagner, sous les applaudissements de la salle. Difficile donc d’imaginer qu’un président puisse prendre une décision contraire à celle de ses deux vice-présidents.

Le résultat des courses est que la tentative de Mischo de se débarrasser des coordinateurs hérités de l’ancienne majorité au conseil communal s’est soldée par un échec, et que c’est lui qui s’est mis dans le pétrin. Car de deux choses l’une : soit cette interview faisait partie d’un plan pour lâcher Strötgen et Wagner, soit il s’est exprimé en toute candeur et naïveté. N’importe, il en ressort un bourgmestre affaibli dans son autorité, qui semble dépassé par les événements. Comme disaient les Romains : « Si tacuisses, philosophus mansisses. » (Si tu t’étais tu, te serais resté un philosophe.)

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