Espionnage : le Luxembourg peut-il se tirer d’affaire ?

Une société israélienne domiciliée au Luxembourg n’arrête pas de faire parler d’elle – le député Déi Lénk David Wagner tente encore une fois d’obtenir des réponses valables du gouvernement.

(©pxhere_CCO)Voilà du poison pour le nation branding : la société israélienne NSO, domiciliée au Luxembourg, est maintenant au cœur de deux scandales. Un des produits de cette firme spécialisée dans les logiciels d’espionnage aurait aidé les services secrets saoudiens à traquer le journaliste dissident Jamal Kashoggi – dont le meurtre brutal et le démembrement dans l’ambassade saoudienne d’Istanbul début octobre 2018 ne font aucun doute. Plus récemment, la même firme est suspectée d’être à l’origine du logiciel qui a servi à l’attaque contre la messagerie populaire Whatsapp.

Or, le fait que la société est domiciliée au Luxembourg n’a pas ému outre mesure le gouvernement jusqu’ici. Aux deux questions parlementaires antérieures posées par David Wagner, la réponse s’est résumée à un « Circulez, y a rien à voir ! » bien poli. Jean Asselborn et Étienne Schneider s’étaient contentés de constater que NSO « est une société établie en Israël et donc soumise aux procédures administratives israéliennes » et que le « gouvernement luxembourgeois n’entend dès lors pas intervenir auprès des autorités israéliennes ». Pourtant, ces mêmes ministres avaient aussi écrit dans leur réponse antérieure que dans « son programme pour les années 2018-2023, le gouvernement luxembourgeois s’est en outre engagé à étudier la possibilité de légiférer sur le devoir de diligence pour les entreprises domiciliées au Luxembourg ».

C’est là la brèche dans laquelle ne s’engouffre pas uniquement le député de gauche, mais aussi l’Initiative pour un devoir de vigilance au Luxembourg, qui regroupe 16 organisations de la société civile, dont l’OGBL, Caritas et le Cercle de coopération des ONDG. Car la question est : suffit-il qu’une société soit domiciliée au grand-duché pour l’exposer à la vigilance des autorités sur place ou non ? Avec une place financière de la taille de celle active au Luxembourg et le nombre de multinationales présentes ou en train de s’installer dans le pays, une législation décente en la matière serait définitivement le minimum.


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