Festival : Un dernier pour la route

Le Food for Your Senses (FFYS) fêtera sa dernière incarnation ce weekend – le temps de dire adieu à un festival non commercial, bâti sur le bénévolat et avec l’envie de faire les choses différemment.

La voilà enfin au Luxembourg : Kate Tempest est une des voix les plus marquantes de sa génération. (© Martin Schumann/Wikipédia)

S’il y a une chanson qui capte assez bien l’esprit du FFYS, c’est « Let There Be Rock » des Hambourgeois de Tocotronic, et surtout la phrase : « Das haben sich die Jugendlichen selbst aufgebaut ». Car le festival, qui a connu des déboires pour trouver un terrain adéquat ces dernières années, est le fruit d’un travail de la jeunesse. D’abord une fête avec des groupes de rock comme les clubs de jeunes en organisaient en masse dans les années 2000, le FFYS a vite affirmé sa particularité. Plus qu’une suite de concerts avec stands de bière et grillades, le festival a développé une philosophie : aux concerts se sont joints des ateliers, des expositions ou encore des lectures. Des stands d’ONG sont apparus sur le site, tout comme une conscience écologique poussée. Mais c’est surtout la programmation souvent osée qui savait miser juste, en proposant des groupes qui allaient se révéler très populaires par la suite. De l’autre côté, le Food a aussi su éveiller des passions, en faisant découvrir des groupes qui n’appartiendraient jamais au mainstream tout en laissant ces formations jouer à des horaires où le public était présent. Bref, le FFYS, c’est l’antipode du « Rock-a-Field » et d’autres festivals axés cent pour cent commerce.

Sur pas moins de trois scènes, la programmation pour cette « Funeral Feast » montre que l’organisation n’a pas chômé pour terminer sa saga en beauté. Et comme il se doit pour une fête funéraire, plusieurs morts vont faire leur réapparition sur scène pour l’occasion. Comme les fans ont pu le constater, des formations emblématiques de la scène luxembourgeoise, qui avaient malheureusement cessé d’exister, vont se reformer pour l’occasion. D’abord, samedi, ce sera le tour d’Eternal Tango. Longtemps un des groupes les plus prolifiques du grand-duché et bien connu au-delà de nos frontières, il s’était dissous au grand dam de ses fans il y a quelques années, craquant sous les aléas d’une profession qui ne paie pas assez pour vivre tout en demandant une disponibilité maximale. Avec ce groupe mythique, ce seront les gus d’Inborn qui vont être « reborn » : le groupe arty-metal réputé pour ses performances explosives va aussi remonter sur scène – et le tout dans le cadre d’un festival dans le festival, qui programmera aussi Mutiny on the Bounty, De Läb, The Disliked et Versus You. Pour les nostalgiques, c’est l’heure à marquer d’une pierre blanche.

Côté nostalgie toujours, la réapparition la plus attendue du festival sera dimanche avec This Is Forevermore. Plus qu’une réincarnation du mythique dEFDUMp, premier groupe luxembourgeois à émerger de la scène underground et à jouer un rôle déterminant à l’étranger, ce spectacle sera l’occasion pour les musiciens du groupe de réinterpréter leurs classiques avec d’autres musicien-ne-s de talent, comme Jérôme Klein, Noémie Leer, Pol Belardi et Thomas Beaujean, entre d’autres.

À côté des zombies luxos, une ribambelle d’artistes internationaux viendra embellir la sélection. Avec avant tout la venue de Kate Tempest, la rappeuse et poète londonienne dont la furie et le talent ne pourront que vous faire tomber à la renverse, ou encore Namdose, supergroupe comprenant des membres de BRNS et Ropoporose – une pure combinaison belge.

Dans l’impossibilité de lister tout le line-up dans un article, il ne nous reste qu’à vous inviter à vous rendre sur le site du festival en ligne, pour ensuite emprunter le chemin du Kirchberg et vous rendre sur le site du festival en vrai. C’est assurément une de ces occasions qui vous permettront de régaler vos petits-enfants d’anecdotes dans une cinquantaine d’années !

Ce samedi 25 et ce dimanche 26 mai, 
sur le site du festival au Kirchberg 
(bd Pierre Frieden).

Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.