Gardiennage : Le ministère de la Justice assène un rappel à la loi

C’est la réponse à une question parlementaire du député pirate Marc Goergen qui le révèle : le ministère de la Justice n’approuve pas la façon dont les services de sécurité privés se substituent à la force publique.

(wikimedia_Terence_Groos)

Le conflit autour de l’usage de services de sécurité privés dans la capitale et au-delà n’est pas en train de se calmer. Tout au contraire : chaque fait divers est immédiatement récupéré politiquement par une troïka s’étendant du CSV au DP en passant par l’ADR, laquelle essaie de récupérer les miettes du discours tout-sécuritaire et électoraliste des pontes de la capitale.

Alors que Déi Lénk sont allés aux tribunaux pour clarifier la situation – un chemin que les autres partis de l’opposition, les socialistes et les Verts en tête, ne semblent pas vouloir prendre, pour ne pas embarrasser leurs collègues au gouvernement –, un autre front vient, semble-t-il, de s’ouvrir.

Le député pirate Marc Goergen, qui manie la question parlementaire comme d’autres un fusil d’assaut, bombarde régulièrement le gouvernement de questions plus ou moins pertinentes sur la légalité de l’exercice des services de sécurité privés. Et cette fois, il a tiré dans le mille. Pour ce faire, il s’est référé au fait que la loi de 2002, qui règle les entreprises de gardiennage, confère aussi une mission de contrôle au ministère de la Justice.

Mission au cours de laquelle le ministère peut se faire remettre aussi bien les contrats que les rapports internes des interventions. Et là, il semble manifeste que les gardien-ne-s ont dépassé les bornes : « Les rapports d’intervention révèlent que les agents de sécurité se sont adonnés à des activités qui ne sont pas couvertes par l’agrément. Par exemple, les rapports mettent en avant que des personnes auraient été ‘évacuées’ de terrains privés, comme de terrains accessibles publiquement », constate le ministère de la Justice, qui ajoute que la firme en question a reçu un « rappel à la loi » et que si à l’avenir une telle activité était détectée à nouveau « la procédure de la révocation de l’agrément sera envisagée ». Et comme pour bien montrer de quel côté le ministère se situe, la réponse se clôt en rappelant que le nouveau contrat passé entre la Ville de Luxembourg et une société de gardiennage sera « suivi de près », et de conclure : « En tout cas, la sécurité publique ne doit en aucun cas être privatisée. » Nous ne sommes pas encore sorti-e-s de l’auberge…


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