Hard rock
 : Trust croit en son étoile


L’Atelier accueille le groupe français Trust pour une soirée antisociale et hard rock. L’occasion de constater qu’avec les années, Bernie Bonvoisin et sa bande n’ont rien perdu de leur énergie scénique.

Trust, toujours à l’affût et toujours aussi en colère !

Voir Trust débouler au Luxembourg pour sa tournée 2018 a ceci de piquant que le groupe de hard rock français dénonce, depuis ses débuts, les excès de la mondialisation financière et du capitalisme sauvage. Sur scène, Trust délivre un message humaniste, politique et antisystème qui a évolué au fil du temps sans jamais renier ses origines.

Depuis le tube punk « Antisocial », sorti en 1980, Trust a su créer une identité particulière que suivent les amateurs de hard rock français. Un sillon dans un désert de création francophone d’où émerge le groupe né en région parisienne, guitares lourdes et symphonies limpides. Porté par la plume acérée de Bernie Bonvoisin et les riffs rageurs de Norbert Krief, dit Nono, Trust, c’est avant tout une identité de gauche tendance anar, à la marge, mais forte de ses certitudes.

Beaucoup de groupes de cette époque ont disparu, épuisés par leurs excès, malmenés par des ventes de disques qui se sont effondrées. Mais Trust a su s’adapter, vivre avec son époque et avec sa base de fans sans cesse renouvelée. Le public mélange allègrement fans de la première heure, aujourd’hui quinquas, et adolescents en quête de sensations fortes.

Trust, c’est avant tout une longue histoire de séparations et de retrouvailles. Un mode de fonctionnement qui dure depuis plus de 40 ans entre le chanteur, Bernie Bonvoisin, et le guitariste, Norbert Krief. Régulièrement, ils se quittent le temps de projets personnels, avant de se retrouver pour un album et une tournée.

Le premier réalise des films comme « Les démons de Jésus » ou encore « Les grandes bouches, » fait l’acteur pour Matthieu Kassovitz ou Samuel Benchetrit. Le second collabore avec d’autres artistes, par exemple Johnny Hallyday, pendant plus de dix ans en tant que guitariste de scène.

Une carrière en toute liberté qui a vu le groupe évoluer. Au son brut des premiers disques ont succédé des albums plus produits, plus travaillés. L’énergie vocale brutale, animale de Bernie Bonvoisin couve toujours et peut éclater à chaque instant. Mais il développe aujourd’hui davantage de lyrisme, joue avec les chœurs sur le dernier album, « Dans le même sang », réalisé en deux semaines par Mike Fraser, producteur d’AC/DC, Metallica ou encore Aerosmith.

L’album s’ouvre sur « Ni Dieu ni maître », titre de l’album de 2000 qui avait ébranlé le duo Bonvoisin-Krief. À l’époque, le huitième disque du groupe avait été retiré des bacs trois mois après sa sortie suite à une dispute entre les deux membres historiques. 2018, année du pardon ? En tout cas, le clin d’œil est là et sur scène, ces deux-là s’entendent comme aux premiers jours. La tension monte jusqu’à l’évident tube « Antisocial », clamé par la foule.

Dans ses textes comme dans ses films, Bonvoisin aime à bousculer les codes, attaquer la bourgeoisie avec gourmandise et déchirer le voile des apparences. Et il porte haut un idéal anar sur scène et dans la vie. À découvrir absolument. Pour adultes et adolescents.

À l’Atelier, le 4 novembre.

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