Le Jeudi : Plan social chez Editpress

von | 05.06.2019

On le savait en danger, désormais c’est chose concrète. Mardi après-midi, la nouvelle est tombée : Editpress lâche son hebdomadaire francophone Le Jeudi, qui paraîtra une dernière fois cette semaine.

Que l’épée de Damoclès se balançait au-dessus de leurs têtes, les employé-e-s du Jeudi le savaient. Et pourtant, les rumeurs d’une consolidation avec Le Quotidien – l’autre titre francophone de la maison-mère Editpress – couraient et laissaient espérer. Après tout, l’actionnaire principal de cette dernière n’est-il pas le « syndicat numéro 1 » du Luxembourg, l’OGBL ? Et par conséquent, ne pouvait-on pas croire que celui-ci réserverait à « son » personnel un traitement plus élégant, voire éviterait un plan social ?

Selon nos informations, le couperet est tout de même tombé assez rapidement : mardi en fin d’après-midi, après une réunion du conseil d’administration, la rédaction a été informée de l’arrêt du titre quelques heures seulement avant l’envoi du communiqué de presse. Le conseil leur avait accordé un délai jusqu’à la fin du mois – une option refusée par les salarié-e-s, qui ont préféré avoir leur dernier bouclage ce mercredi.

Après 22 ans, l’aventure du seul hebdomadaire francophone luxembourgeois connaît donc une fin abrupte. Le Jeudi, dont les 20 ans avaient encore été fêtés en grande pompe en 2017, affichait pourtant des chiffres Médiamétrie pas tellement décevants : 26.500 lectrices et lecteurs et 5,2 pour cent de la population touchée (troisième position chez les hebdomadaires après la Revue et le Télécran), selon l’étude TNS-ILRES d’automne 2018.

Avec la disparition du Jeudi, c’est une part de la pluralité médiatique et linguistique grand-ducale qui s’écroule. C’est aussi la chute d’un hebdomadaire qui avait su conquérir un espace de liberté par rapport à la maison-mère. Certes, il n’a jamais été à l’abri des polémiques, et certaines décisions ou certains propos de sa direction (qu’on se rappelle le fameux « ce n’est pas un journal pour les Portugais » de sa créatrice Danièle Fonck) ont fait scandale. Pourtant, il avait sa place dans le paysage médiatique. Reste à espérer que la dizaine de journalistes aura la possibilité de rebondir rapidement ou qu’au moins l’OGBL saura les traiter dignement.

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