Nouveau festival
 : Mortel Atlantique


Au menu du tout nouveau festival « atlântico » proposé par la Philharmonie, pas mal d’artistes connus, mais aussi des découvertes. Parmi la pléthore de rendez-vous, petit coup de projecteur sur le groupe Dead Combo.

1393eventTó Trips à la guitare et Pedro V. Gonçalves à la contrebasse, c’est l’effectif tout ce qu’il y a de plus réduit du groupe Dead Combo. Mais ses influences ratissent large : du fado, formation portugaise oblige, au rock le plus pur, en passant par le jazz, le blues, la world music et… les westerns spaghettis, en particulier ceux mis en musique par le maestro Ennio Morricone. C’est déjà tout un programme, que le premier album studio des Lusitaniens, sobrement intitulé « Vol. 1 », propose en 2004. Les titres des chansons, eux, prennent des accents délicieusement excentriques, tels « Polaroid omelete e os três miseráveis saxes barítonos » (L’omelette au Polaroid et les trois misérables saxos barytons) ou « Um homem atravessa Lisboa na sua querida bicicleta » (Un homme traverse Lisbonne sur sa bicyclette bien-aimée).

Avec ce coup d’essai, les deux musiciens se hissent déjà jusqu’au top 10 des téléchargements iTunes en Amérique du Nord pendant plusieurs semaines. Il faut dire que l’ensemble est très maîtrisé, aux confins de l’easy listening au début pour se développer dans le rythme, la mélodie et l’instrumentation au fil des plages, avec l’apothéose d’un orchestre symphonique pour la conclusion. Une sorte d’album concept où chaque note a sa place dans un ensemble à l’architecture pensée dans les détails. L’ossature, elle, reste toujours composée de la guitare et de la contrebasse des tauliers. Dead Combo pratique une musique instrumentale basée sur des motifs simples répétés, où la variété vient de l’introduction de nouvelles sonorités. Une musique relaxante ou stimulante, selon qu’elle accompagne l’auditeur dans une autre activité ou qu’il s’y plonge entièrement.

En 2006, le groupe dévoile… « Vol. 2 », un album au principe similaire, avec une petite perle, « Mr. Eastwood », qui transporte son public au cœur de l’Ouest américain… enfin, l’Ouest américain tel que filmé par l’Italien Sergio Leone avec son acteur fétiche Clint Eastwood ! Suivront trois autres disques de plus en plus couronnés de succès, avant le dernier en date, « A Bunch of Meninos », qui donne son nom au concert de ce vendredi à la Philharmonie. Ici aussi, le groupe montre un véritable savoir-faire dans l’agencement des plages : la chanson-titre est un morceau entraînant aux accents mariachis que conclut une guitare archisaturée, pour introduire « Dos Rios », d’abord douce mélodie que le fado alimente avant que la saturation ne s’en empare à nouveau. Et puis on découvre un personnage qu’on ne s’attendait pas forcément à rencontrer dans un album de musique portugaise, sur « Mr. Snowden’s Dream ». Avec ce morceau contemplatif, le lanceur d’alerte pourra tranquillement s’endormir, avant de peut-être rejoindre en songe Hawaï dans la plage suivante, « Hawai em chelas ».

On l’aura compris, Dead Combo, c’est une musique d’écoute agréable, plus sensuelle qu’intellectuelle, où l’on dodeline de la tête plutôt qu’on ne bouge de tout son corps. Une belle occasion de conclure la soirée de ce vendredi en douceur, puisque le groupe se produira à l’espace découverte de la Philharmonie à l’heure tardive de 22h. Ambiance cosy assurée.

Ce vendredi 14 octobre à l’espace découverte de la Philharmonie, à 22h.

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