Pauvreté et logement : le Statec démythifie

von | 18.10.2018

Tandis que les négociations pour la nouvelle coalition bleu-rouge-vert sont en cours, le Statec revient sur une problématique alarmante, dont l’importance n’a pas été assez relevée pendant la bataille électorale. Et pour cause : la pauvreté concerne moins les électeurs-trices, qui détiennent le pouvoir politique, que les résident-e-s étrangers-ères, qui souvent se retrouvent au bas de l’échelle salariale et en plus sont confronté-e-s aux coûts astronomiques du logement. C’est ainsi que le 17 octobre – Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté – le Statec a publié un « Rapport travail et cohésion sociale – l’État social et le bien-être de la société luxembourgeoise ».

Que pendant les cinq dernières années le seuil de pauvreté et les inégalités ont été en hausse n’est pas une nouveauté, le même Statec ayant publié les chiffres de l’indice Gini avant les élections. Dans ce nouveau rapport plus détaillé, il y a un chiffre qui frappe, car il contredit une assertion trop souvent acceptée pour vraie : le coût du logement représente 42 pour cent du revenu disponible des ménages modestes, et non 30 ou 33 pour cent, comme communément admis. Ainsi, le logement, qui devrait être un droit, bouffe près de la moitié du revenu pour celles et ceux qui déjà vivent au seuil de la pauvreté – de l’argent qu’ils n’auront donc plus à disposition pour l’alimentation ou l’éducation.

Le taux de pauvreté selon le Statec se situe à 29 pour cent. Un chiffre alarmant, même s’il est calculé avant transferts sociaux et ne considère pas les pensions de vieillesse et de veuvage – avec celles-ci il est à 18,7 pour cent. Le rapport confirme aussi ce que la majorité des moins aisé-e-s ont ressenti dans leurs portefeuilles : c’est au cours de la crise financière que les inégalités se sont creusées. L’écart entre les plus modestes et les classes aisées ne s’est pas réduit depuis, puisque le Statec constate aussi qu’« au cours des années 2005 à 2017, la croissance économique a été globalement favorable aux plus aisés ». Et de l’illustrer avec un graphique montrant les parts de revenus disponibles après coûts de logement pour les riches et les pauvres – c’est surtout chez les premiers que le budget s’est rétréci comme peau de chagrin. Le risque de se retrouver en situation de pauvreté est naturellement plus élevé chez les chômeurs et les travailleurs pauvres, même si la réforme de l’Adem et la croissance économique semblent petit à petit pallier la situation, faisant écrire aux rapporteurs que « la pauvreté n’est pas une fatalité ». Autrement dit : ça ruisselle, mais pas assez pour garantir une existence décente à tout le monde.

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