Rapport annuel d’Amnesty : L’autre pandémie

von | 08.04.2021

Derrière la Covid-19 se cache une épidémie de violations des droits humains : c’est ce qu’illustre le rapport annuel d’Amnesty International.

« Il nous faut repartir sur de nouvelles bases afin de construire un monde fondé sur l’égalité, les droits humains et l’humanité. » C’est la leçon que tire Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, de la pandémie à l’occasion de la publication du rapport annuel ce mercredi. Le rapport comporte 500 pages, la plupart consacrées à la description des 149 pays étudiés.

Le communiqué de presse de l’ONG se concentre sur les rapports entre la Covid-19 et les droits humains, ceux-ci étant pris dans un sens assez large (voir : Droits humains, mais lesquels ?). Sa structure fait un peu penser au triptyque de la Révolution française, avec une première partie consacrée à l’« égalité ». Celle-ci fustige « les politiques créant des divisions, des mesures d’austérité malavisées » qui ont renforcé les effets de l’épidémie, en particulier sur les groupes les plus vulnérables comme les minorités, les femmes ou les personnes réfugiées. En conclusion, « à ce stade de la pandémie, même les dirigeant-e-s les plus déconnecté-e-s de la réalité auront beaucoup de mal à nier que nos systèmes sociaux, économiques et politiques sont détraqués ».

Droit humain au vaccin

La « liberté » est au centre de la deuxième partie du communiqué, qui dénonce « une souche virulente de dirigeant-e-s » qui, face au défi de la Covid, ont banalisé des mesures d’urgence ultrarestrictives. L’ONG dénonce en particulier la répression de la liberté d’expression sous prétexte d’endiguer la diffusion de fausses nouvelles et le recours à une « force excessive » contre des manifestations en période de confinement. « Certain-e-s dirigeant-e-s sont même allé-e-s jusqu’à profiter de la distraction provoquée par la pandémie pour réprimer les propos critiques sans rapport avec le virus », relève Amnesty, qui cite l’Inde et la Chine.

Enfin, du côté de la « fraternité », le bilan de l’année 2020 n’en est pas moins désastreux. Par rapport au droit humain à la santé et à la vie, Amnesty regrette que « les intérêts nationaux [aient] primé sur la coopération internationale en matière de lutte contre le Covid-19 ». Amnesty dénonce entre autres la censure et la répression chinoise à un stade précoce de l’épidémie et l’attitude peu généreuse du G20 envers les pays endettés pauvres. Surtout, alors que les pays riches, États-Unis en première ligne, ont racheté les stocks de vaccins, l’ONG réclame : « Les États doivent veiller à ce que les vaccins soient rapidement disponibles pour tous et toutes, partout, et gratuitement là où les soins sont prodigués. Les entreprises pharmaceutiques doivent partager leurs connaissances et leurs technologies afin que personne ne soit laissé de côté. »

Si la solidarité fait défaut du côté des puissant-e-s, Amnnesty se réjouit d’une sorte de « fraternité par le bas », à travers des mouvements comme Black Lives Matter aux États-Unis ou #EndSARS au Nigeria. S’y ajoutent les succès remportés par certaines mobilisations, notamment dans la lutte contre les violences liées au genre. Autre raison d’espérer, le soutien international à ces mouvements et d’autres encore, en Pologne, à Hong Kong, en Irak et au Chili, notamment.

www.amnesty.org/fr

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