Réfugié-e-s : Le Luxembourg n’encourage pas le retour en Syrie

Dans sa réponse à une question parlementaire du populiste de service de l’ADR au sujet de réfugié-e-s de la Syrie, Jean Asselborn ne laisse transparaître aucun doute sur le fait que le grand-duché ne met pas de pression sur les ressortissant-e-s de ce pays en guerre.

Des réfugié-e-s syrien-ne-s sur la fuite en Hongrie en septembre 2015 (©Mstyslav Chernov-Wikipedia)

La question en soi est déjà assez tendancieuse : Estimant que le gros de la guerre en Syrie appartiendrait au passé, le député Fernand Kartheiser, demande au ministre des Affaires étrangères si les réfugié-e-s syrien-ne-s au Luxembourg auraient le choix entre abandonner leur statut et rentrer ou de le garder et rester ici. Dans sa réponse, Asselborn précise que si le Luxembourg ne retient personne, il n’estime pas les conditions réunies pour un retour des réfugié-e-s : « Même si les combats se sont amoindris, la Syrie reste sous la férule d’une dictature brutale qui combat sa propre population depuis 2011 ». Et d’ajouter que cette position est partagée par l’Union européenne, et pratiquée dans ses États-membres.

Précisant qu’en ce moment 1.820 Syrien-ne-s se sont vu-e-s accorder la protection internationale au Luxembourg, le ministre ajoute que le grand-duché ne s’est pas posé de délai dans lequel il statuera sur la situation en Syrie et en Irak et rappelle que la guerre n’est pas la seule raison d’octroi de la protection. Il reste les risques de persécution raciale, religieuse, nationale, sociale ou politique.

Mais Kartheiser ne serait pas Kartheiser sans insinuer vouloir aller plus loin et de s’attaquer au regroupement familial, en demandant si celui-ci faisait encore un sens et s’il ne serait pas mieux de reconduire ces gens chez leurs familles dans leurs pays. Là encore, Asselborn refait jouer la loi sur l’immigration qui garantit ce droit et clarifie qu’il est hors de question de revenir sur cette disposition.

Finalement, le député ADR pose la question du « Brain Drain » – le fait qu’en cas de guerre, ce sont les cerveaux le plus brillants qui prennent la fuite en premier. Ici, le ministre rappelle que ce phénomène s’applique plutôt à la migration légale qu’à la fuite devant la guerre et la dictature (et qu’il ne faut pas comparer les deux) et précise que l’objectif principal du Luxembourg serait d’éviter le « Brain Waste », donc d’éviter à ce que les capacités des réfugié-e-s se perdent et de les maximiser.

Comme quoi, il ne faut parfois que deux ou trois rappels à la loi pour paralyser un argumentaire digne d’un comptoir.


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