C’est une histoire sans fin qui oppose le groupe Bolloré à plusieurs ONG. Face aux multiples violations des droits de l’homme commis dans les plantations de la multinationale, ces dernières demandent aux États d’enfin prendre au sérieux leur devoir de vigilance.
Le woxx en parle depuis une dizaine d’années : les sociétés appartenant au milliardaire français (6 milliards selon la dernière estimation de Forbes et neuvième fortune de France) Vincent Bolloré – aussi aux commandes de Canal + – seraient responsables de violences, d’accaparement des terres (« land grabbing ») et de déforestation illégale, surtout pour y installer des hévéas et produire de l’huile de palme. De surcroît, le groupe Bolloré a plusieurs fois essayé de museler des journalistes et des activistes en leur infligeant des procès coûteux.
Si l’année dernière aucune manifestation n’a eu lieu lors de l’assemblée générale de la Socfin (la firme de Bolloré domiciliée au Luxembourg), cette année, une dizaine de manifestant-e-s ont participé à l’événement pour dénoncer les pratiques de la multinationale et demander qu’elle tienne ses engagements. C’était une action transnationale regroupant des ONG suisses, belges, françaises et luxembourgeoises (les 16 organisations de l’Initiative pour un devoir de vigilance et les 22 regroupées dans Meng Landwirtschaft). À l’international, l’initiative est soutenue par Grain.
D’ailleurs, un nouveau procès contre Bolloré SA risque de s’ouvrir : les ONG françaises ont assigné le groupe devant le tribunal de grande instance de Nanterre, dans une affaire concernant les communautés affectées au Cameroun.