Hongrie : Orbán sans « pleins pouvoirs » mais indéboulonnable

La Hongrie est passée le 16 juin d’un « état d’urgence sanitaire » à un « état de crise médicale », perpétuant l’hégémonie décennale du national-populiste danubien. L’opposition assiste impuissante au spectacle.

Viktor Orbán au Parlement hongrois lors du vote sur les pleins pouvoirs en avril 2020. (Photo : EPA)

Deux mois et demi après le vote d’une « loi coronavirus » vivement contestée, le régime d’exception accordé au premier ministre Viktor Orbán afin de lutter contre le coronavirus appartient au passé. Enfin presque. Le 16 juin, quelques minutes après l’abrogation de l’état d’urgence à l’unanimité des votes exprimés, opposition incluse, les 133 députés propouvoir sur 199 ont approuvé l’idée d’un « état de crise médicale » pour six mois et renouvelable sur souhait de l’exécutif. mehr lesen / lire plus

Corona : la liberté de la presse prise en grippe

Les états d’exception décidés pour des raisons sanitaires peuvent aussi servir de prétexte à des régimes autoritaires pour supprimer la libre parole des journalistes et des citoyen-ne-s. Reporters sans frontières propose désormais une page consacrée aux répressions en relation avec la pandémie.

(©Sebaso – Wikimedia)

Nous en avions parlé la semaine dernière, en évoquant le cas de notre collègue slovène Blaž Zgaga – menacé et vilipendé en public pour avoir mis en question la composition opaque du QG de crise mis en place par le gouvernement d’extrême droite dans son pays. D’ailleurs, les membres de l’ICIJ se sont mobilisé-e-s pour Zgaga et ont signé une lettre ouverte distribuée aussi largement que possible. mehr lesen / lire plus

Hongrie : Opération « dédiabolisation » au Jobbik

Doublé sur sa droite par le Fidesz au pouvoir et concurrencé au sein de l’opposition, le parti au passif néonazi et antitziganes accélère son recentrage entamé autour de la crise des migrants de l’été 2015.

Péter Jakab, nouveau leader du parti élu le 25 janvier. (Photo : Tamas Kovacs/EPA)

C’est l’histoire d’une étoile filante en quête d’une nouvelle lumière. Celle d’un jeune parti d’extrême droite entré comme une fusée au Parlement européen (2009) puis à l’Assemblée nationale hongroise (2010) avec des gilets noirs brodés traditionnels et un discours trop radical aux yeux de Marine Le Pen. D’une formation connue jadis pour ses drapeaux européens brûlés en place publique et ses marches antiroms aux côtés de la Garde hongroise, avant de basculer vers la défense de l’harmonisation des salaires continentaux à Bruxelles et la protection du « peuple » hongrois, couleur de peau mise à part. mehr lesen / lire plus

Hongrie/Autriche : L’exil contraint de l’Université d’Europe centrale

Poussée au départ par Viktor Orbán après deux ans et demi de campagnes diabolisant son fondateur, le financier américano-hongrois George Soros, la CEU entame une seconde vie en Autriche.

Zsolt Enyedi, vice-recteur de la CEU, se bat pour maintenir une partie des activités à Budapest. (Photo : Joël Le Pavous)

Jeudi matin, 11 heures. Un parterre d’étudiants assiste au début d’un cours sur le féminisme et la théorie du genre donné par Jasmina Lukic, enseignante chevronnée originaire de Belgrade en Serbie. Depuis un décret d’octobre 2018 signé par le premier ministre hongrois Viktor Orbán, les « gender studies » sont officiellement bannies des programmes de master accrédités en territoire magyar. mehr lesen / lire plus

Municipales en Hongrie : une brutalité inédite

Scandales, intimidations et attaques personnelles auront marqué la campagne s’achevant dimanche. L’opposition unie contre Viktor Orbán veut reprendre des couleurs et empêcher sa réélection en 2022.

Les opposants de Viktor Orbán espèrent ravir Budapest et les grandes villes au Fidesz du premier ministre (Image : pexels)

Rarement une campagne aura été aussi violente que celle-ci dans l’histoire récente de la Hongrie. Affiches diffamatoires, affaires de mœurs, enregistrements compromettants et meetings d’opposants perturbés ont émaillé la course aux municipalités dont l’épilogue se déroule ce dimanche. Les opposants de Viktor Orbán espèrent ravir Budapest et les grandes villes au Fidesz du premier ministre. mehr lesen / lire plus

Hongrie : Blanka Nagy, icône jeune anti-Orbán

Passée de lycéenne anonyme à adversaire du régime en l’espace d’un discours enflammé, l’éloquente étudiante veut devenir conseillère municipale aux élections d’octobre dans la ville qui l’a vue grandir.

Photos: László Dragá

Blanka Nagy peine à monter son stand. Difficile d’avoir le coup de main lors d’une première campagne. Révélée fin décembre 2018 par un discours antigouvernemental corsé prononcé sur la place centrale de ­Kecskemét, cette jeune femme de 19 ans brigue un siège de conseillère municipale aux élections du 13 octobre dans la huitième circonscription de Kiskunfélegyháza, berceau de son enfance. Ce 26 août, la candidate de la coalition d’opposition « Avec toi pour notre ville » s’apprête à officialiser le soutien du parti centriste-libéral Momentum, surprise des européennes de mai dernier en Hongrie. mehr lesen / lire plus