Techniques mixtes : Classiques revisités


von | 02.06.2016

Le « Second regard », à la galerie Beim Engel, c’est celui porté par l’artiste tchèque Martin Velíšek sur les œuvres de ses éminents prédécesseurs. Un regard qui rend hommage à des peintures du passé tout en les projetant dans le monde moderne.

« La dame à l’hermine » de Léonard de Vinci ? Non, celle de Martin Velíšek avec un chat en plus.

« La dame à l’hermine » de Léonard de Vinci ? Non, celle de Martin Velíšek avec un chat en plus.

Depuis les années 1990, Martin Velíšek a décidé de se consacrer à la paraphrase d’œuvres historiques. Son but ? Interroger les peintures des maîtres anciens et imaginer un récit différent, ancré dans notre réalité d’aujourd’hui. Il utilise donc des techniques artistiques variées, quelquefois même faisant appel à la complicité interactive de l’amateur.

Dès l’entrée, le ton est donné : « Nature morte avec les fleurs 2 » est un cadre en bois dans lequel les fleurs qu’on peut admirer sont celles… qui ornent des rouleaux de papier hygiénique. Contraste « entre l’arôme des fleurs et le relent des excréments », l’œuvre est une exception puisqu’elle n’est pas explicitement basée sur une toile ancienne. Mais, bien évidemment, le thème de la nature morte évoque par son âge d’or une époque révolue et quantité de tableaux classiques.

Dans le reste de la galerie, c’est donc en général à partir d’un matériau ancien précis que Velíšek travaille pour développer son univers. De la « Nature morte avec vin, coupes et noix » du peintre flamand Van de Velde (actif au 17e siècle), l’artiste propose une copie rigoureusement similaire à quelques détails près : des grappes de raisin plus minces, un verre plus rempli. Il marque ainsi l’inexorable marche du temps et la loi de la conservation de la matière au sein d’un diptyque dont les deux parties sont distantes de quatre siècles.

Aux natures mortes s’ajoutent les dessins d’animaux. Les éléphants de Rembrandt sont prétexte pour Velíšek à la composition de quatre variantes, dont une particulièrement habile qui renverse le postulat artistique : le fusain sur papier du maître flamand se retrouve transformé en découpage de papier sur un fond de crayons fusains. Quant au célébrissime lapin de Dürer, il se voit affubler d’oreilles démesurées.

Au fil des salles, de grands peintres tels que Vinci (drôle de « Dame à l’hermine » qui tient aussi un chat) ou Vermeer (fascinante « Entremetteuse », vénale et au charme ambigu) font l’objet de réactualisations en règle. La collaboration du visiteur est également requise pour activer certaines œuvres : on peut ainsi choisir son clair de lune sur une toile de Jettel ou admirer un « Paysage orageux » de Diaz de la Peña plus vrai que nature, grâce à des diodes électroluminescentes dissimulées sous sa copie à la surface en plexiglas. Avec ce procédé, Velíšek bâtit un pont entre la représentation picturale statique qui a longtemps prévalu et le débordement d’images réalistes qui nous entoure actuellement. On le voit, plutôt que de réaliser de simples pastiches humoristiques, le Tchèque se saisit d’œuvres anciennes pour leur donner une vie parallèle et actuelle.

Même si le sous-sol de la galerie Beim Engel n’a pas été épargné par les pluies torrentielles de la fin du mois de mai, amputant de quelques œuvres le parcours, l’heureux visiteur ne manquera pas d’apprécier les panonceaux explicatifs. L’effort de mise en valeur est payant, puisqu’il permet de découvrir pour chaque pièce celle qui l’a inspirée et les intentions de l’artiste. Une exposition à voir donc pour ce supplément d’âme qu’elle offre, à quelques siècles de distance, à des œuvres du passé qui sortent ainsi de leur torpeur classique.

Jusqu’au 18 juin à la galerie Beim Engel.

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