OLAI: Ça va mal !

Une expertise externe fait lieu de graves dysfonctionnements au sein de l’Olai. Pas de quoi étonner ceux qui connaissent le service depuis longtemps.

Pour tous ceux qui avaient déjà, de près ou de loin, affaire à des demandeurs d’asile et les administrations compétentes en la matière, la nouvelle ne devrait pas être une surprise : A l’Office luxembourgeois d’accueil et d’intégration (Olai), les choses vont mal. En effet, c’est ce que révèle une expertise externe commandée par le ministère de la Famille et exécutée par le cabinet Ernst&Young, un des quatre leaders mondiaux en termes d’« audits ». Dans leur programme de coalition, les trois partis au gouvernement avaient annoncé la réalisation d’un « bilan du fonctionnement et des besoins de l’Olai » en vue d’une éventuelle réforme de l’Office. En mars 2014, Ernst&Young fut chargé de cette mission. A l’époque, le woxx, reconnut bien la nécessité d’une réforme de l’Office d’intégration, mais dénonça un « règne des experts » technocrates (woxx 1258).

Mardi, la ministre de la Famille Corinne Cahen a présenté le rapport final du « screening » de l’Olai. Là, c’est avant tout sa directrice, Christiane Martin, qui est pointée du doigt. Le « Luxemburger Wort » et le « Quotidien » citent le rapport: « Au cours de son mandat, la Direction n’est pas parvenue à introduire les conditions nécessaires au bon fonctionnement de son administration. » Les experts d’Ernst&Young lui reprochent une gestion catastrophique de l’Office d’intégration. Ainsi, il n’y aurait pas d‘ « organigramme », ni de « liste de compétences requises par poste ». Des entretiens menés avec 19 agents de l’Olai auraient montré que la « fonction gestion du personnel n’est pas adaptée ». Certains services interviendraient « dans des domaines pour lesquels ils n’ont pas de compétences ».

Côté personnel, il y aurait un grave problème d’absentéisme. Ainsi, en 2013, 560 jours de congé maladie auraient été pris, soit environ 10 jours par personne. En Europe, la moyenne serait de 4 à 6 six jours par personne et par année.

Quant aux subsides versés à des associations par le biais de l’Office d’accueil et d’intégration, le rapport indique un manque de suivi financier. Certains des agents interviewés pour l’expertise auraient avoué ne pas savoir ce que les associations bénéficiaires faisaient de l’argent qu’on mettait à leur disposition.

Christiane Martin, a été nommée à la direction de l’Olai en 2009, sous la ministre de la Famille Marie-Josée Jacobs, pour une durée de sept ans. Il devrait s’avérer difficile, voire impossible, de confier son poste à une autre personne avant 2016. Néanmoins, le ministère affirme dans un communiqué de mardi que « une réforme en profondeur de l’administration de l’Olai s’impose ». Le rapport Ernst&Young recommanderait de refondre le « modèle de gouvernance », les « principes de management » et l’organisation de l’administration afin d’être en mesure de réaliser des « objectifs stratégiques » fixés auparavant. Les « rôles et responsabilités des services et du personnel au sein des services » devraient être redéfinis et documentés et des « processus standardisés de gestion, de suivi et de contrôle des conventions » mis en place.

Occasions manquées, argent dilapidé

Pour d’aucuns, la gestion désastreuse de l’Olai par l’ancienne ministre de la Famille serait à l’origine de ces dysfonctionnements. Ainsi, Serge Kollwelter affirme sur sa page Facebook que « les dérives de certains fonctionnaires de l’Olai » auraient été « bien connues » par Marie-Josée Jacobs. Tout comme le fait que la directrice aurait été « incapable de demander les rapports annuels d’activité d’une des structures conventionnées ». Kollwelter cite un fait exemplaire des problèmes à l’Olai : Ce dernier aurait alloué des subventions pour des activités de sensibilisation à l’inscription sur les listes électorales avant les européennes ? entre autres à une organisation regroupant des ressortissants de pays tiers, « non électeurs pour cette élection ». Pour l’ancien président de l’Asti, il s’agirait en l’occurrence pour l’Office d’intégration d’un « cas flagrant de non politique de la part d’un ministère CSV, politique doublement chère: en occasions manquées et en argent dilapidé ». Rappelons-le : Marie-Josée Jacobs est depuis décembre 2013 à la tête de Caritas Luxembourg.


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