Pierre Joris : Canto diurno

Bonne idée que cette anthologie personnelle de Pierre Joris en langue française. Jean Portante, par ailleurs codirecteur de la collection « Les passeurs d’Inuits » dans laquelle le livre paraît au Castor Astral, a assuré la coordination des traductions – avec la participation de l’auteur qui, rappelons-le, écrit exclusivement en anglais. Ce livre permet donc à un public francophone de découvrir un nouveau pan de l’œuvre de Joris choisi par le poète lui-même. Un aperçu intelligent, car il mêle les textes très modernes à la structure complexe, de lecture ardue pour un béotien (« Le livre de Luap Nalec », jeu de lettres sur l’auteur fétiche de Joris, Paul Celan) à des poèmes plus lyriques (émouvant « Matrosen Lied » : « Si j’étais un homme / qui tombe encore amoureux des marins / je tomberais sûrement amoureux de lui. »). Avec en prime « Golfe-gouffre », sur la catastrophe de Deepwater Horizon, qu’on a pu écouter en anglais dans sa version de concert l’année dernière au TNL. Le livre est un concentré de poésie pure et sans compromis, qui permettra à qui veut tenter l’expérience de lire un auteur « américain » majeur, dans la lignée des défricheurs d’outre-Atlantique qui ont secoué la poésie contemporaine au siècle dernier.


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