Ratner Brett: Red Dragon

von | 25.10.2002

S’il était une crainte que l’on pouvait nourrir au sujet de „Red Dragon“, c’était bien celle de voir le troisième volet autour de „Hannibal Hopkins“, verser plus encore dans le grand guignol que son prédécesseur décevant „Hannibal“.

CINE CANNIBALE

Eloigné de l’abîme Hannibal

On se rend rapidement compte que „Red Dragon“ est un tout autre film qu'“Hannibal“ de Ridley Scott et qu’il s’agit ici d’une toute autre mise en scène. Le réalisateur de „Rush Hour“, Brett Ratner, mise avant tout sur la suggestion, le jeu des acteurs et ménage ses effets tout au long des 120 minutes de ce thriller captivant.

Adapté du livre de Thomas Harris, „Red Dragon“ constitue le premier épisode des aventures d’Hannibal Lecter. L’excellent Michael Mann en avait déjà réalisé une première version en 1987. Plus violent et sauvage que „Red Dragon“ de Ratner, „Manhunter“ n’a pas rencontré le succès escompté à l’époque, mais est devenu, par la suite, un film culte au fil de ses nombreux passages à la télé.

L’intrigue de „Red Dragon“ commence avec un Hannibal Lecter encore libre et déjà activement cannibale, comme le suggère une scène de dîner mondain plutôt savoureuse. Psychiatre reconnu, aidant le FBI dans la traque de serial killers, il se joue de l’agent Will Graham (Edward Norton) jusqu’à ce que ce dernier découvre que le conseiller et le tueur cannibale qu’il recherche, ne font qu’un seul homme.

Une arrestation spectaculaire et nous voilà projeté dans la cellule déjà si familière d’Hannibal. Même prison, même directeur ridicule, que l’on retrouve avec un certain plaisir, mais au lieu de Clarice apparaissant pour demander conseil au vieux briscard, c’est l’agent Graham qui prend place sur la petite chaise pliante, en face du cannibale. Les similitudes avec „Le silence des Agneaux“ ne s’arrêtent pas là et, sans le scénario de qualité, on parlerait de redite, voire de plagiat.

Toutefois, il existe bel et bien une intrigue propre à „Red Dragon“ et l’enquête menée par l’inspecteur Graham est palpitante. A quoi s’ajoute que le psychopathe, incarné par Ralph Fiennes, est joué avec beaucoup de justesse et, surtout, sans exagérations, ce qui le rend d’autant plus inquiétant. A cela, on peut rajouter l’excellente composition d’Emily Watson en aveugle, amoureuse de l’assassin et s’approchant à tâtons de la gueule du loup …

La face sombre de Lecter

Il reste, bien sûr, l’inévitable Hannibal Lecter (Anthony Hopkins), plus proche du personnage initial, à quelques nuances près. „Je ne voulais en aucun cas reproduire ma prestation du ‚Silence des Agneaux‘; il y a bien sûr des similitudes – la sophistication, l’intelligence -, mais je voulais montrer la face la plus sombre d’Hannibal, remplir sa personnalité de colère, de rage brûlante. C’est un homme dangereux, un tueur et il ne s’agissait en aucun cas de le glorifier“, a dit Anthony Hopkins.

L’absence du personnage de Clarice favorise, en effet, ce glissement vers la face sombre de Lecter. Mais Hopkins se garde d’en faire trop, afin de maintenir une certaine, et nécessaire, continuité dans la personnalité de Lecter.

„Red Dragon“ est, au final, un thriller intéressant, de très bonne facture. Mais contrairement à son modèle, il ne saura bénéficier d’aucun effet de surprise. A sa décharge, on peut se réjouir qu’il ait réussi à faire revivre le mythe de Lecter, là où „Hannibal“ semblait l’avoir irrémédiablement écorné.

Séverine Rossewy

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