EDWARD ZWICK: La voie du Samouraï

„Le Dernier Samouraï “ a tout pour devenir un beau „blockbuster“ mangeur de dollars et d’euros à l’occasion.

Tom Cruise dans toute sa splendeur …

Nous sommes au 19e siècle. Le Japon, par la voie d’un de ses ministres ambitieux, tend à s’occidentaliser, et ce, contre l’avis des Samouraï s. De fil en aiguille, le Japon se déchire en deux: les Samouraï s d’un côté, les ambitieux de l’autre, et l’empereur au milieu. Afin de pouvoir arbitrer tout cela, les Américains à la conscience tranquille pour avoir massacré et chassé tous les intrus de leur territoire, et en particulier les Indiens, sont invités à prendre parti pour le gouvernement japonais et ainsi rétablir l’ordre. Entendons-nous bien, les Américains, et en particulier le capitaine Nathan Algren, ont été invités et ne se sont en aucun cas imposés comme l’histoire pourrait nous le faire croire.

Vétéran héroï que de la guerre de Sécession, le capitaine Nathan Algren, alias Tom Cruise, est engagé par l’Empereur du Japon via son ministre – qui ne souhaite qu’une chose: occidentaliser au maximum le Japon et s’enrichir le plus possible – pour entraî ner la première armée de conscription nippone et ainsi mettre un terme à cette soi-disant guerre civile menée par les Samouraï s. Mais la première bataille ne se passera pas très bien et le capitaine Algren deviendra le prisonnier du redoutable Katsumoto, un des derniers Samouraï s.

On n’a pas lésé sur les moyens, c’est certain: budget pharaonique pour ce „Shogun“ du XXIe Siècle, star incontestée pour le rôle titre, réalisateur connu et reconnu tout aussi bien pour ses cartons que pour ses bides monstrueux, producteur comblé grâce à „Shakespeare in Love“, publicité tous azimuts.

Or, „Le Dernier Samouraï“ est bien plus profond qu’un seau de pop-corn, il a du corps et de l’esprit. C’est un subtil mélange d’action, réduite au strict minimum, et de messages humains, du moins pour ceux qui veulent les comprendre. „Le Dernier Samouraï“ est un long métrage à double facette. Edward Zwick va jusqu’à faire le procès de l’utilisation des armes à feu dans la scène du massacre de Katsumoto, où l’on sent très bien l’envie d’utiliser les nouvelles armes pour connaî tre leur puissance. Une fois le mal fait, les regrets fusent mais il est trop tard.

Pour le réalisateur Edward Zwick, ce long métrage est l’aboutissement d’un rêve, celui de mettre en exergue la culture du soleil levant, celle pour laquelle il a une admiration sans borne, surtout depuis le jour où il a découvert le cinéma d’Akira Kurosawa, le maî tre incontesté et incontestable du septième Art japonais. Durant la première heure du film, on sent ce respect profond de la culture japonaise, la caméra effleure à peine les personnages. La première heure et demie est surprenante, agréable et attachante, à condition de se laisser envoûter par la culture asiatique.

Quant à la dernière demi-heure, il faut bien conclure la trame qui a mis le feu aux poudres. Nos deux héros ont été envoyés au casse-pipe où la mort guette l’un, l’honneur guette l’autre et un ultime message de paix et d’absurdité de l’homme attend le spectateur. Bref, le grand spectacle digne d’un „blockbuster“ a repris ses droits tout en restant bien maî trisé par Edward Zwick qui évite également quelques pièges comme l’excès d’héroï sme ou de patriotisme. En clair, „Le Dernier Samouraï“ surprendra les accros aux pop-corn qui s’attendent à de l’action pure, sans une once de réflexion, et les cinéphiles, pour qui ce long métrage fera sans doute le bonheur, incitant à la fois à la réflexion et au délassement.


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