THÉÂTRE: La totale, quoi!

Même si le projet du TNL d’organiser un festival de théâtre dans la Grande-Région sent un peu trop le cerf bleu, le menu du projet « Total Théâtre » en lui-même est consistant et non dépourvu d’une pointe d’humour.

Prendre le cerf par les cornes: un vrai travail d’homme
(photo: www.totaltheater.eu)

L’idée n’est pas vraiment originale et semble avoir été développée sur mesure pour satisfaire aux critères de l’année culturelle. Un festival, cinq théâtres, cinq villes – Luxembourg, Thionville, Sarrebruck, Trèves et Liège – ainsi que cinq nouvelles créations, c’est très symétrique et spectaculaire. Pourtant Frank Hoffmann, le cerveau du TNL et aussi celui du festival, avait vu plus grand. « Le projet initial était beaucoup plus important. Mais pour des raisons budgétaires, nous avons ramené les dimensions du projet à la réalité », a-t-il admis au cours de la conférence de presse sur la saison finale de l’année culturelle, tout en jetant un coup d’oeil amusé en direction de Robert Garcia. 

Mais, problèmes financiers à part: le festival a toujours bonne mine et fait que le programme du TNL en ce début de saison est sans doute un des plus intéressants. Et le fait que toutes les pièces traitent du thème de l’Europe culturelle à leur façon donne même du piment à l’affaire.

A commencer par la création de Nico Helminger, mise en scène par Frank Hoffmann himself, « now here & nowhere oder den haer io ming pei hätt mueres gär krewetten », qui relate une histoire assez folle où Robbie Williams croise le célèbre architecte chinois ainsi que Tintin, Milou et beaucoup d’autres … on jouera même avec les bois d’un cerf …

De l’autre côté de la Moselle, à Sarrebruck, on réadapte Georges Feydeau. La pièce «Neffe, Vetter, Eiffelturm» est basée sur le classique «Champignol malgré lui». Ce dernier est peintre, mais voit son identité usurpée et même sa femme se promène au bras de celui qui prétend être lui. Adaptée par David Gieselmann, un maître du persiflage, la pièce promet d’être drôle et contemporaine. Moins drôle au premier abord, mais tout aussi contemporaine, la création du théâtre de Trèves: « Hörst du mein heimliches Rufen? » Ici, un businessman perd les boules, mais au moment où il met son revolver contre sa tempe, un ange apparaît. Commence alors un dialogue assez inédit. 

Avec « Hänsel & Gretel », le duo belge Anne-Cécile Vandalem et Jean-Benoît Ugeux promet une pièce d’une autre dimension: elle met en scène un mariage qui ne tourne pas rond, avec beaucoup d’invités, alors que sur scène il n’y aura que deux acteurs, qui sont en même temps les créateurs de la pièce. 

Finalement ce sont les français qui approchent la thématique de la façon la plus radicale. La pièce s’appelle « L’Européenne » et elle raconte la « fiction » suivante: L’Union Euro-péenne veut se donner une nouvelle image, à défaut de se donner une politique nouvelle. Pour cela, elle lance un appel aux artistes – commence alors un défilé des plus incongrus.

En bref: « Total Théâtre » est peut-être le seul projet où le cerf bleu se prend lui-même par les cornes.

 


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