ROCK: Un cocktail d’enfer

Singapore Sling sont la preuve vivante que les Islandais ne croient pas seulement aux elfes, mais pratiquent aussi le rock’n’roll.

A six sur scène, cela peut manquer d’air…

« Non, ce n’est pas à cause du cocktail qu’on a choisi le nom ! ». Même sans les connaître, on peut être sûr que les membres de Singapore Sling ont dû répondre des milliers de fois à cette question. Pour clarifier les choses d’emblée : il y a bien trois Singapore Sling. L’un est un groupe islandais – et le sujet de cet article -, l’autre un cocktail qui réunit gin, brandy, cointreau, bénédictine, grenadine, jus d’ananas et jus de citron, inventé en 1905 à Singapour, et le troisième, enfin, est un film grec du metteur en scène Nikos Nikolaidis, datant de 1990 et réputé pour quelques scènes sulfureuses montrant entre autres des actes de nécrophilie. Et c’est ce dernier qui a inspiré le chanteur Henrik Bjornsson à baptiser son groupe « Singapore Sling ». Même s’il lui est arrivé de bosser dans un bar…

Fondé en 2000, le groupe connaît un succès immédiat avec son premier album dénommé « The Curse of Singapore Sling ». Le label « Stinky Records » de New York, s’intéresse très vite à la jeune formation, ce qui fait que le premier album est publié en Islande et aux Etats-Unis, mais pas en Europe. Ce qui peut sembler curieux, mais s’explique par le fait que l’Islande a une politique culturelle qui fonctionne, surtout en ce qui concerne les exportations. Ainsi, Singapore Sling ont été découverts grâce au festival Airwaves, qui se déroule annuellement à Reykjavik et organisé par le ministère de la culture et Icelandair. L’idée est de faire venir autant de journalistes et de producteurs possibles en Islande pour sortir l’île dans l’Atlantique nord de son isolement non seulement géographique, mais aussi culturel. Et depuis que la chanteuse Björk est devenue une référence internationale pour les talents extraordinaires des Islandais-es, la machine est bien huilée et nous a déjà procuré plus d’une surprise musicale.

Mais Singapore Sling sont un peu différents de ce qu’exporte l’Islande normalement. A la musique pop aux voix éthériques comme Sigur Ros, ni electro expérimentale – les six gus préfèrent les murs de son et les rythmes plus rapides. Dans leur musique, on trouve des références aux Velvet Underground, tout comme des emprunts de The Jesus and Mary Chain et un peu d’esprit punk pour arrondir le tout. Avec ce mélange et leur attitude très nonchalante, ils ont vite attiré l’attention de Brian Jonestown Massacre, le groupe épigone des Velvets, si besoin y était. Après deux autres albums et des tournées mondiales, Singapore Sling est enfin prêt pour violer nos oreilles.

En première partie : les Allemands de Six-Nil – groupe de rock plutôt conventionnel aux accents Dandy Warhols, et les noise-rockeurs luxembourgeois de Tvesla qui ont enfin repris leur activité. En bref : une soirée bruyante en vue.


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