Le LCGB accuse l’OGBL de permettre aux magasins de prolonger les heures d’ouverture dans les commerces. Mais il devrait plutôt commencer par balayer devant sa porte.
« L’OGBL dit oui ? ». L’interrogation ne se rapporte pas à un hypothétique mariage avec son concurrent chrétien, le LCGB, ou à des propositions du patronat pendant les négociations tripartites. C’est l’intitulé d’un communiqué de presse de la section « commerce » du LCGB suite à la signature d’une convention-cadre entre la Confédération luxembourgeoise de commerce (CLC) et l’OGBL concernant la prolongation des heures d’ouverture dans le commerce. « Déjà l’année dernière, l’OGBL avait signé cet accord qui a été profitable seulement pour le côté patronal », s’insurge-t-il.
L’accusation portée contre l’OGBL renvoie quelques années en arrière : en 2007, le scénario était similaire, mais à l’inverse : après une demande du patronat de deux journées d’ouverture prolongée, l’OGBL avait refusé de signer tout accord. Cette position était par ailleurs partagée par le LCGB, qui, jusqu’en 2006, faisait cause commune avec l’OGBL. Les conventions-cadres alors signées limitaient le nombre d’ouvertures prolongées à dix journées par an, jusqu’à 20 heures les samedis et veilles de jours fériés.
La rupture arriva donc en 2007 : si l’OGBL avait envoyé paître la demande patronale, le LCGB avait donné son accord. Ceci déclencha l’ire de l’OGBL – d’autant plus que le LCGB était déjà à ce moment le syndicat minoritaire de la branche – qui estima que « le LCGB tire dans le dos de milliers de salariés du commerce et cède en cavalier seul aux revendications injustifiées des patrons et signe un accord y relatif avec la `clc‘ ». Et rebelote en 2008. D’ailleurs, la signature de cette convention avait eu pour effet pervers l’autorisation du ministère des classes moyennes d’ouvrir tous les dimanches à partir du mois de septembre dans certains quartiers du centre de la capitale ainsi que d’autres communes.
Ce n’est qu’en 2009 que l’OGBL, requinqué par ses résultats aux élections sociales, accepte de signer un nouvel accord avec la CLC qui prévoit à nouveau des ouvertures prolongées pour dix journées par an.
Mais l’accusation du LCGB sent fortement le procès d’intention. En effet, le syndicat chrétien y affirme qu‘ « avec ce oui, l’OGBL signale son attitude positive quant à la prolongation des heures d’ouverture du samedi pendant toute l’année ». Pourtant, la convention-cadre ne s’étend non seulement que sur le premier semestre de l’année, mais se limite à quatre journées (les veilles de Pâques, de la Fête du Travail, de l’Ascension et de Pentecôte) et prévoit entre autres des majorations salariales entre 30 et 50 pour cent.
Il n’empêche que malgré des sondages défavorables (en 2006, un sondage de la TNS-Ilres révélait que seuls 25 pour cent des sondés se prononçaient en faveur d’une prolongation des heures d’ouverture des magasins le samedi), le patronat continue de faire pression pour une flexibilisation des horaires d’ouvertures. Pendant ce temps, il tente de convaincre le gouvernement de réduire le pouvoir d’achat des salariés. Comprenne qui voudra.