UN AN DE REGULARISATIONS: Mesure unique, besoins persistants

von | 05.07.2002

La régularisation de sans-papiers est en marche depuis un an. Pour la énième fois, on dresse le bilan. Echecs pour les un-e-s, succès pour les autres. Chacun-e a raison à sa façon.

Heureux élus de la régularisation?
(photo:Christian Mosar)

D’abord la bonne nouvelle: sur 1.186 dossiers traitĂ©s dans le cadre de la procĂ©dure de rĂ©gularisation, plus de quatre cinquièmes ont donnĂ© lieu Ă  des dĂ©cisions positives. On a rĂ©gularisĂ© ainsi 1.520 personnes (un dossier concernant en gĂ©nĂ©ral un mĂ©nage). Cela ressort des chiffres publiĂ©s Ă  l’occasion du dĂ©bat de consultation Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©-e-s, mercredi dernier, un an après le dĂ©but des rĂ©gularisations. L’autre nouvelle est moins bonne: la majoritĂ© gouvernementale Ă  la Chambre a exhortĂ© le gouvernement Ă  procĂ©der au retour forcĂ© des 254 personnes touchĂ©es par des refus, ainsi que de tous les autres sans-papiers. Enfin, s’il ne reste que 380 dossiers en suspens, il s’agit des cas les plus dĂ©licats, qui risquent de donner lieu a de nombreux refus.

Refus sans recours

Des refus contre lesquels il n’y aura guère de recours. En mars 2001, lors du vote de la motion Ă  la base de la rĂ©gularisation, certain-e-s avaient souhaitĂ© mettre en place un cadre lĂ©gal. Le gouvernement avait prĂ©fĂ©rĂ© une procĂ©dure administrative, plus rapide Ă  mettre en place et plus souple. Le hic, ont rappelĂ© mercredi les dĂ©putĂ©-e-s de l’opposition, c’est que les recours contre des refus, ne peuvent pas faire valoir les critères de rĂ©gularisation car ceux2ci n’ont pas de base lĂ©gale.

Il semble cependant que les critères que le gouvernement a Ă©tablis soient appliquĂ©s consciencieusement par la cellule de rĂ©gularisation, dont le bon travail a d’ailleurs Ă©tĂ© saluĂ© par tou-te-s les orateur-trice-s. Pour le moment, ce problème de recours serait plut®t une question de principe. Dans un communiquĂ©, le ComitĂ© de liaison et d’action des Ă©trangers (Clae) a cependant critiquĂ© le peu de foi accordĂ© aux attestations testimoniales, surtout celles venant du mĂŞme milieu culturel ou familial. Les enquĂŞtes de police, par contre, seraient frĂ©quentes et compteraient beaucoup plus que les tĂ©moignages, un reproche repris par la dĂ©putĂ©e Verte RenĂ©e Wagener.

„Les enquĂŞtes de police ne sont pas la règle“, a insistĂ© François Biltgen, ministre du travail. Il a admis que pour les dossiers restants, on y ferait sans doute appel plus souvent. Cela confirme les craintes du Clae, qui Ă©crit: „… s’il n’y a pas plus d’ouverture de la part des ministères concernĂ©s, le taux de refus va augmenter de manière vertigineuse.“

La plupart des critiques contestent moins l’application des critères que leur sĂ©vĂ©ritĂ©. En comparant la rĂ©gularisation luxembourgeoise Ă  celles dans d’autres pays, RenĂ©e Wagener dĂ©nonce un manque de gĂ©nĂ©rositĂ©, alors que François Biltgen trouve les critères plut®t larges. En vĂ©ritĂ©, il est difficile de comparer: les situations des personnes concernĂ©es et les objectifs visĂ©s par les rĂ©gularisations sont trop divergents.

Un point dĂ©noncĂ© par toutes les ONG est l’obligation des personnes „rĂ©gularisables“ de prĂ©senter un passeport valide. Cela s’est avĂ©rĂ© irrĂ©aliste malgrĂ© la bonne volontĂ© des concernĂ©-e-s (et l’argent qu’ils y ont mis). Dans la mĂŞme motion qui rĂ©clame les retours forcĂ©s, la majoritĂ© gouvernementale demande d’assouplir ce critère. Les ONG demandent des assouplissements dans d’autres domaines: la Caritas cite l’obligation de trouver un logement en un an, les cas particuliers de femmes seules et de jeunes apprenti-e-s, ainsi que les cas humanitaires; le Clae rappelle le problème des personnes avec de faux papiers, refusĂ©es automatiquement.

Au-delĂ  de ces cas particuliers, la question de l’efficacitĂ© globale de la rĂ©gularisation a Ă©tĂ© soulevĂ©e lors des dĂ©bats Ă  la Chambre. François Biltgen et le dĂ©putĂ© Laurent Mosar (CSV) ont argumentĂ© que l’Ă©conomie luxembourgeoise a surtout besoin de main d’oeuvre qualifiĂ©e. Les personnes non rĂ©gularisables, essentiellement des rĂ©fugiĂ©-e-s d’ex-Yougoslavie arrivĂ©-e-s après la date butoir du 1er juillet 1998, ne feraient pas l’affaire. Il serait logique de les expulser, tout en important de manière ciblĂ©e une main d’oeuvre non communautaire.

Inemployables

RenĂ©e Wagener s’est montrĂ©e convaincue du contraire: „Mille personnes non qualifiĂ©es ayant trouvĂ© un emploi, notamment dans la restauration, cela montre bien qu’il y a des besoins non satisfaits.“ Lors des dĂ©bats et colloques sur l’immigration, la notion de marchĂ© du travail dual a Ă©tĂ© exposĂ©e a plusieurs reprises: Ă  c®tĂ© du marchĂ© du travail „normal“, il existe des emplois peu qualifiĂ©s dans des secteurs faiblement capitalistiques avec des salaires bas. Comme les nationaux dĂ©laissent ces secteurs, il faut recourir Ă  l’immigration. Le ministre ne s’embarrasse pas de ces subtilitĂ©s: „Nous allons amĂ©liorer les conditions dans le secteur de la restauration, ainsi les ch®meurs rĂ©sidants peu qualifiĂ©s ne refuseront plus ces emplois.“

„De nombreux patrons ne veulent pas d’employĂ©-e-s en situation lĂ©gale“, tel avait Ă©tĂ© une des mises en garde des critiques de la rĂ©gularisation. François Biltgen a confirmĂ© que la plupart des rĂ©gularisĂ©-e-s Ă©taient des demandeur-euse-s d’asile et non des sans-papiers „classiques“, c’est-Ă -dire des immigrĂ©-e-s clandestin-e-s travaillant au noir. Il en a dĂ©duit: „Nous avons moins de sans-papiers que certains ne l’avaient dit.“ L’autre interprĂ©tation est Ă©videmment que la plupart des clandestin-e-s, menacĂ©-e-s par leurs employeur-euse-s, n’ont pas introduit de demande. Dans ce cas, les discours du ministre sur la fermetĂ© Ă  l’Ă©gard des patrons „au noir“ n’ont pas eu beaucoup d’effet et les paroles n’ont pas Ă©tĂ© suivies d’actes.

Irrégularisables

Une motion prĂ©sentĂ©e par le parti Vert demandait „une nouvelle rĂ©gularisation sur base de critères plus larges“. L’idĂ©e d’une telle „prolongation“ n’a pas Ă©tĂ© acceptĂ©e, mais seuls les orateurs du CSV et de l’ADR ont exclu la possibilitĂ© d’aller au-delĂ  d’une „mesure unique“. Serge Urbany („dĂ©i lĂ©nk“), Ben Fayot (POSL) et mĂŞme Agni Durdu (DP), Ă  des degrĂ©s divers, Ă©taient prĂŞt-e-s Ă  envisager d’autres mesures de rĂ©gularisation.

Enfin, François Biltgen a insistĂ© sur le fait que l’immigration ne devait pas se faire Ă  travers des dispositions prises pour assurer le droit d’asile. „Cela minerait le droit d’asile et son acceptation dans la population. Si les demandeurs dĂ©boutĂ©s restent ici, nous n’avons pas de place pour en accueillir de nouveaux.“, a-t-il conclu. Concernant les retours forcĂ©s, il a assurĂ© qu’ils seraient bient®t intensifiĂ©s: un accord de rĂ©admission avec la Yougoslavie sera signĂ© le 18 juillet. Et de rappeler les projets de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement du Luxembourg dans le Sandjak, destination de la plupart des retours. RĂ©sumons: Au Luxembourg, personne n’a besoin d’eux. LĂ -bas, du travail et des perspectives d’avenir les attendent. Pourquoi ces gens ne veulent-ils donc pas comprendre?

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Weibliche GenitalverstĂĽmmelung in Luxemburg

Im Nachgang einer UNICEF-Studie zu weiblicher Genitalverstümmelung (FGM) in Luxemburg, die im April 2026 veröffentlicht wurde, hatten die LSAP-Abgeordneten Claire Delcourt und Mars Di Bartolomeo eine parlamentarische Anfrage zum Thema gestellt. Vergangenen Montag erfolgte die Antwort, der sich neben den drei adressierten Minister*innen der...

NEWS

Wenn „ChatGPT“ parlamentarische Fragen beantwortet

Am vergangenen Montag veröffentlichte die Chamber die Antwort des Außenministers Xavier Bettel (DP) auf eine parlamentarische Frage der beiden LSAP-Abgeordneten Mars Di Bartolomeo und Yves Cruchten. Thema war der „Luxemburgplan“, den die saarländische Regierung Anfang Mai veröffentlichte. Die Antworten sind relativ nichtssagend und unkonkret –...

NEWS

Foot, fric et répression

Le coup d’envoi de la Coupe du monde de foot 2026 a été donné ce 11 juin au stade Azteca de Mexico, pour une édition « qui s’annonce la plus lucrative jamais vue », selon Amnesty International. La FIFA prévoit de réaliser 11 milliards de dollars de recettes au fil des 104 matchs qui se joueront pendant six semaines aux États-Unis, au Mexique...