CHARGÉS D’ÉDUCATION: Victimes du système

von | 27.01.2011

Depuis des années, les chargés d’éducation bouchent les trous occasionnés par la calamiteuse politique de recrutement dans l’éducation nationale.

Dieu est un briseur de manifs. Comment expliquer sinon, qu’après des semaines de pause, il fit rechuter quelques flocons de neige quelques dizaines de minutes avant le début, ce mardi, de la manifestation, devant la Chambre des députés, organisée par les syndicats d’enseignants SEW (OGBL) et Apess? Et malgré le froid glaçant, ils étaient au moins 200 à écouter les discours de leurs représentants syndicaux. « Les conditions de formation des chargés d’éducation sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et c’est pourquoi nous nous sommes rassemblés aujourd’hui », lance Guy Foetz, vice-président du SEW. Le problème des « plus précaires d’entre nous », comme il l’a formulé, a atteint de nouveaux sommets cette semaine.

En cause: la loi du 29 juin 2010 qui règle l’octroi aux chargés d’un contrat à durée indéterminée qui doit mettre fin à la situation précaire de ces supplétifs de l’éducation nationale. Mais cette réforme a un prix : les 230 chargés doivent détenir au moins un « bachelor » et participer à une formation de 60 heures. Jusque-là, tout va bien, car les chargés et leurs syndicats se sont toujours prononcés en faveur d’une telle formation. Mais là où le bât blesse, c’est dans la manière de faire et surtout au niveau du « timing ». La ministre se comporterait tel un « rouleau compresseur » en mettant trop rapidement en place des réformes et ce de manière irréfléchie. Non seulement les chargés auraient été informés bien trop tard de la tenue de cette formation, mais ils devront en plus s’y coller pendant les congés légaux alors qu’il doivent, au même moment, se préparer pour l’examen-concours. « Tout le monde a droit à un temps de repos », martèle Guy Foetz. D’où la revendication syndicale de reporter la loi d’une année afin de plancher plus sereinement sur les modalités de formation et de demander l’instauration d’un tuteur auprès des chargés.

Mais la ministre ne l’entend pas de cette oreille. Non, cela fait trop longtemps que les chargés sont dépourvus de toute formation, plaide-t-elle le lendemain à la Chambre lors d’une heure d’actualité demandée par le libéral Eugène Berger. Et non, elle n’entend pas changer la loi, rappelant aux députés intéressés leur pouvoir d’initiative parlementaire et de déposer une proposition afférente si le coeur leur en dit. Quant à l’argument de la précipitation et du mauvais agencement temporel de la formation, elle déplore que les contingences du calendrier ne permettent pas d’autres solutions.

Le problème sous-jacent, c’est que les syndicats craignent l’établissement de deux carrières d’enseignants, dont une moins coûteuse et moins formée constituée par la cohorte des chargés. La faute à la désastreuse politique de recrutement. Le député André Hoffmann (déi Lénk), lui-même enseignant à la retraite, rappelle ainsi que le péché originel débuta dès les années 70, où le gouvernement fit tout, sous prétexte d’une « pléthore d’enseignants », pour décourager les candidats potentiels au métier. Il en résulte que de nos jours, plus de 700 postes ne sont pas pourvus par des enseignants titulaires. L’armée de réserve étant constituée par les chargés, le député Berger rappelle que si ces derniers se décidaient à faire grève, « plusieurs lycées cesseraient de fonctionner ». La cause en est principalement le concours d’admission, dont le fonctionnement est de plus en plus décrié pour son manque de transparence et le taux très élevé d’échecs. Berger en profite pour souligner l’absurdité du problème : « Le concours élimine d’office un grand nombre de candidats hautement qualifiés. Un jour on leur dit qu’ils ne sont pas assez bons pour intégrer l’éducation nationale, alors que le lendemain, on leur propose d’exercer la fonction d’enseignant sous le statut de chargé ».

Si tout porte donc à croire que le conflit qui oppose chargés et ministère n’est pas résolu et que les revendications syndicales ne sont pas entendues, il en ressort au moins que la ministre s’est montrée décidée à réformer, encore cette année, le concours à la carrière d’enseignant. Mais elle a refusé d’en dévoiler plus, préférant fixer les grandes lignes après discussions avec les différents acteurs. Histoire d’éviter qu’à l’avenir elle échappe à l’accusation de manquer de volonté de dialogue.

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Bereit für die Überschwemmungssaison

Kommt nach der Dürre die Sintflut? Sicher ist das nicht, aber es kann in der nassen Jahreshälfte vermehrt zu Hochwasser kommen. Am vergangenen Donnerstag stellte das Umweltministerium gemeinsam mit der Wasserverwaltung die neue Version der Website inondations.lu vor, die dazu dient, die Bevölkerung vor Überschwemmungen zu warnen. Dort finden...

NEWS

CSL : l’inégalité sociale s’ancre davantage

« Le Luxembourg est le pays de la zone euro où un emploi protège le moins du risque de pauvreté », critique la Chambre des salariés dans sa nouvelle édition du Panorama social. Publié ce mercredi, le rapport documente une augmentation des inégalités sociales. Plus d’un ménage sur cinq déclare avoir des difficultés pour arriver à la fin du...

NEWS

Solidarité avec les lycéen·nes

La mobilisation lycéenne, qui secoue toute la France et la Belgique francophone depuis plus de deux semaines, trouve des soutiens au Luxembourg. L’Union nationale des étudiant·es du Luxembourg (Unel), les Jeunes de l’OGBL (OGJ) et Déi Lénk ont pris position en faveur du mouvement, qui dénonce notamment les conditions d’enseignement et le...