STROMAE: Tralalas

L’auteur-compositeur belge Stromae sera à la Rockhal ce Weekend. Une occasion pour se défouler à l’House’llelujah.

« Je préfère arriver con, pour en sortir plus intelligent, plutôt que de faire l’intelligent et d’en ressortir con », c’est la philosophie de Paul Van Haver, mieux connu sous le pseudonyme de Stromae. Lors d’une conférence de presse, le jeune homme facilement reconnaissable a son look fifties et beatnick, qu’il définit lui-même comme anglais, a des difficultés pour se tenir tranquille. Soit c’est un pied qui bouge, soit ce sont ses bras qui gesticulent pour souligner ses mots. « Je suis philosophe des bas étages », reconnaît Stromae. Avec une philosophie simple et directe, des textes, qui condensent toutes les difficultés de la vie en gardant toujours un sous-entendu ironique – le tout emballé dans un cross-over entre rap, chanson, musique électronique avec une bonne dose de new beat, house – c’est la recette de son succès.

Cela n’a pas toujours été comme ça. Au début Stromae faisait plutôt du rap pur et dur : C’était en 2003 qu’il formait le groupe Suspicion avec un autre rappeur et enregistrait un clip en sweatshirt XXL avec la chanson « Faut que t’arrêtes le rap ». Après le départ de son comparse, Stromae s’éloigne effectivement du rap, il ne supportait plus le côté voyou, bling-bling et les clichés en général. Aujourd’hui ses chansons sont percues comme un mélange de Kanye West, Kid Cudi, Brel et Louise Attaque. Mais la rumba congolaise et la salsa, qu’il écoutait à la maison dès son enfance, l’ont aussi influencé. Et c’est l’environnement qui l’inspire dans ses textes : « Je ne parle pas énormement de mon vécu, mais plutôt de ce qui se passe autour de moi », explique l’auteur-compositeur-interprète belge. Ainsi « Alors on danse » – cette chanson qui l’a catapulté au top des charts en Europe en 2009 – décrit sans touche moralisatrice en dix phrases le déclin d’une existence : Du travail aux dépenses, du crédit à la dette, de l’amour aux gosses, jusqu’au divorce.

« La vie sans problème c’est pas la vie. ( ? ) Mais après tout il ne faut pas perdre le sourire. » C’est cette idée là – de ne pas s’apitoyer sur son sort – qui selon Stromae fait parti de la belgitude – qu’il a reproduit sur son premier album nommé « Cheese », sorti en juin 2010. Ce disque, qui ne regroupe pas seulement « Alors on danse » mais aussi d’autres rengaines comme «House’llelujah » ou « Te quiero » qui a été honoré en remportant un prix aux « Victoires de la musique ». Mais ce n’est pas que son style unique qui est à l’origine de son succès. C’est aussi sa présence sur Youtube avec des clips plus ou moins originaux. Ainsi Stromae s’était inscrit en 2007 à l’Institut National de Radioélectricité et de Cinématographie, section cinéma. Et c’est un an plus tard, qu’il commence à diffuser sur youtube « Les leçons de Stromae », une série de courtes où il explique ses créations musicales toujours en voie de développement. « Pour l’écriture, je dois parfois chercher longtemps, mais les mélodies, ça vient tout seul. C’est instinctif. », explique-t-il la légèreté de sa démarche. Ainsi internet est devenu un moyen propice pour diffuser sa musique et faire du marketing – à l’encontre de toutes les rumeurs qui présumaient que sa musique ne serait qu’un one shot. Un risque élévé qu’il prend, car la dance music est très vite associée à une musique populaire sans fond. Mais Stromae aurait déjà vendu plus d’un million de singles par téléchargement. Faisant parti de cette génération qui n’a plus vécu l’âge d’or des disques vendus en magasin – il avoue ne pas avoir perçu une crise dans le secteur et ne pas vouloir mener un discours contre le téléchargement illégal, ayant grandi avec. C’est ainsi qu’il est optimiste pour l’avenir et même si son répertoire n’est pas tellement grand pour l’instant, il est prêt à évoluer et même à chanter en flamand ou en anglais, s’il le faut. Mais le seul thème trop attendu que Stromae ne veut pas aborder, c’est la réconciliation de la Belgique. La vie est donc bien ouverte pour ce jeune artiste. Et c’est sur que pour une fois, il va faire bouger le public à la Rockhal ce samedi. Alors on danse !

Stromae sera à la Rockhal ce samedi 5 mars.


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