Même si de plus en plus de spécialistes en la question sont d’avis que la guerre contre la drogue ne sert à rien et qu’il faut des alternatives au tout répressif, l’Union Européenne n’a pas modifié son attitude d’un iota. Pourtant, les derniers développements en matière de stupéfiants sont plutôt inquiétants. Ainsi, un rapport publié cette semaine révèle que le nombre de nouvelles substances psychoactives identifiées sur le marché européen est de 41 pour l’année 2010, quasiment le double de l’année précédente. Qui plus est, ces substances de substitution n’imitent plus uniquement les effets du cannabis, comme avec le fameux « Spice », vendu légalement au Luxembourg il y a encore quelques années (voir woxx 991), mais également ceux de l’ecstasy et de la cocaïne. Ces nouvelles drogues s’ajoutent à une consommation de drogues « traditionnelles » qui n’a pas trop bougé ces dernières années. D’ailleurs, avec sept pour cent des jeunes entre 15 et 24 ans qui admettent avoir pris de ces produits, le Luxembourg se situe en tête du peloton. L’apparition de ces « designer drugs » est une nouvelle preuve de la contre-productivité de la stratégie européenne qui vise surtout à réprimer le trafic, la détention et la consommation de stupéfiants. Car elle prouve deux choses à la fois : l’ingénosité des trafiquants et des fabricants et l’existence d’un large marché régi par l’offre et la demande. En unique réponse, L’UE entend renforcer son mécanisme pour détecter et interdire ces nouvelles substances, une mesure qui va engloutir encore des millions d’euros qui seraient mieux placés dans des vrais programmes de réhabilitation, par exemple.
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