Nicaragua, c’est fini

von | 15.06.2012

Les combattants et combattantes de jadis n’étaient pas au rendez-vous. Pourtant, l’Association Solidarité Luxembourg-Nicaragua avait invité à une manifestation intéressante : la présentation du mémoire de Charles Roemer sur les comités de solidarité politique belges et luxembourgeois avec la révolution sandiniste de 1979. L’étudiant à l’ULB a analysé le rôle de ces comités qui s’intégraient dans un mouvement international de soutien à cette dernière révolution ayant trouvé l’appui actif de la gauche. Au Luxembourg comme dans d’autres pays, des brigades de solidarité partaient vers le Nicaragua, non pour se joindre – à l’image de la guerre d’Espagne – à la lutte armée contre la Contra soutenue par les Etats-Unis, mais pour participer à la cueillette du café ou d’autres produits agricoles. Si donc le cercle de discussion était restreint – les dissensions de jadis au sein du comité sont-elles encore vivantes ? – des questions intéressantes ont été soulevées. Pourquoi le mouvement international s’est-il si vite dissipé après la défaite sandiniste aux élections de 1990 ? Pourquoi le comité luxembourgeois a-t-il survécu ? Les brigadistes étaient-ils et elles des révolutionnaires critiques ou leur activisme n’était-il qu’une expérience petite-bourgeoise ? Par rapport au mouvement des « Indignés », l’ancien permanent Jean Kayser a conclu : « Nous sommes partis pour changer le monde, et eux restent pour le changer. » Si l’histoire du comité semble fascinante, son destin est irrévocable : on fermera boutique après la fin des projets encore en cours.

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