RENTREE SCOLAIRE: Reculer pour mieux avancer

von | 15.09.2006

Le ministère de l’Ă©ducation semble avoir lâchĂ© du lest en acceptant de resserrer les critères de promotion dans les lycĂ©es.
Mais c’est pour mieux se consacrer aux vĂ©ritables rĂ©formes.

Depuis que le conseil de gouvernement a, fin aoĂ»t, avalisĂ© l’Ă©nième refonte des critères de promotion dans les enseignements secondaire et secondaire technique (voir woxx no 866), les syndicats d’enseignants ont affichĂ© leur satisfaction assortie d’un „on vous l’avait bien dit“ narquois. Tandis que l’Apess se dit „soulagĂ©e que le ministère se soit finalement rĂ©solu Ă  amender quelques-unes des dispositions incongrues du règlement de 2005“, la FĂ©duse/Enseignement-CGFP dĂ©cèle un „mea culpa“ de la part du ministère de l’Ă©ducation (MEN). Quant au SEW-OGBL, il „salue“ sobrement ces „dispositions“.

Mais pourquoi ces fameux critères dĂ©clenchent-ils tant de passions professorales? Et de quoi s’agit-il au juste? Il faut bien dire ce qui est: sans un solide bagage mathĂ©matique, il devient de plus en plus compliquĂ© de savoir quelles notes dans quelles branches suffisent pour qu’un Ă©lève puisse rĂ©ussir son annĂ©e. Et jusqu’oĂą il doit monter en français pour pouvoir compenser les mathĂ©matiques. Mady Delvaux, la ministre socialiste de l’Ă©ducation nationale, n’a jamais cachĂ© son scepticisme, tout comme un bon nombre de jeunes enseignants, face au système de notation luxembourgeois. Dans un entretien accordĂ© au mensuel „Forum“ du mois de septembre, la ministre affirme qu’elle se rĂ©jouirait de „pouvoir introduire avant la fin de la lĂ©gislature un système d’Ă©valuation radicalement diffĂ©rent“.

Cette rĂ©forme dĂ©cidĂ©e Ă  la va-vite en plein Ă©tĂ© – ce dont les syndicats se plaignent – aura par ailleurs permis de les occuper durant leurs vacances estivales. Dans ses „rĂ©flexions“, l’Apess explique que ce dĂ©bat „a accaparĂ©“ son bureau „dès le mois d’aoĂ»t“. Elle en a donc profitĂ© pour pondre un long brĂ©viaire pĂ©dagogique de huit pages. A ses yeux d’ailleurs, la note „a l’avantage de la transparence, de la clartĂ© et de la valeur symbolique“. L’Apess aime tant les notes qu’elle se fĂ©licite de l’introduction de la mention „excellent“ pour les notes de plus de 52 points lors des examens de fin d’Ă©tudes.

51 n’est pas excellent

Les syndicats peuvent donc bien se fĂ©liciter complaisamment devant la rĂ©forme de la rĂ©forme des critères de promotion qui ressèrent les conditions de compensation. Or, cĂ´tĂ© ministère, ce recul ressemble bien plus Ă  un mouvement tactique destinĂ© Ă  calmer l’ire des syndicats en vue de rĂ©formes autrement plus profondes. En effet: pourquoi Delvaux se cramponnerait-elle Ă  une rĂ©formette controversĂ©e alors qu’elle entend bientĂ´t remplacer tout le système?

Aux yeux de l’un ou l’autre syndicat, l’essentiel est sauf. Pour l’instant. Devant des critères de compensation plus difficiles Ă  surmonter, les Ă©lèves ne seront plus tentĂ©s de passer leur annĂ©e „dans un fauteuil“. En effet, Ă  entendre certains enseignants, l’on pourrait croire que tous les problèmes rencontrĂ©s Ă  l’Ă©cole sont engendrĂ©s soit par des Ă©lèves trop paresseux, soit par leurs parents irresponsables ou par un ministère qui dĂ©raisonne. Par contre, le système scolaire et ceux qui le servent seraient irrĂ©prochables. La FĂ©duse/Enseignement illustre Ă  merveille cette attitude lorsqu’elle revendique, dans son communiquĂ© de presse de rentrĂ©e, qu’au sein du stage pĂ©dagogique, „l’accent doit ĂŞtre mis sur les aspects didactiques inhĂ©rents aux branches“ et demande Ă  „laisser tomber une pseudo-formation psychologisante“. Fari Khabirpour, directeur du Centre psychologique d’orientation scolaire (CPOS), ne s’Ă©tonne guère que les Ă©lèves fassent moins d’efforts Ă  mesure que les critères de promotion sont revus Ă  la baisse. „Mais c’est ce qui arrive lorsqu’on essaie de motiver les Ă©lèves uniquement par le biais de ce système de notation“, estime-t-il. En gros, les Ă©lèves jouent le jeu, mais ne s’intĂ©ressent pas plus que ça Ă  un système scolaire qui ne fait non plus pas grand chose pour les motiver.

Question de mentalité

Fari Khabirpour pense quant Ă  lui que les rĂ©formes du système d’Ă©valuation actuel ne sont rien d’autre que „du retouchage, de la chirurgie plastique effectuĂ©e sur l’Ă©ducation“ et que „les problèmes sont Ă  chercher ailleurs“. Et de soutenir la dĂ©marche du ministère consistant Ă  vouloir introduire des „socles de compĂ©tences“. Ce concept doit permettre, contrairement Ă  la pratique actuelle, de dĂ©passer la mĂ©thode traditionelle: ingurgiter les connaissances aux Ă©lèves pour qu’ils les recrachent le moment venu, lors des examens. Les „socles de compĂ©tences“ s’inscrivent dans une mĂ©thode d’Ă©valuation dite transversale. Termes barbares, mais le principe est le suivant: l’enseignant doit, au-delĂ  de la transmission du savoir, faire en sorte que l’Ă©lève puisse hierarchiser, puis appliquer pratiquement les connaissances acquises.

Qui dit rĂ©forme des mĂ©thodes, dit aussi rĂ©forme de la tâche de l’enseignant, pierre d’achoppement entre le MEN et l’intersyndicale enseignante (composĂ©e de l’Apess, du SEW et de la FĂ©duse). DĂ©jĂ , cinq entrevues entre les protagonistes ont eu lieu. Lors de sa confĂ©rence de presse de rentrĂ©e ce jeudi, Mady Delvaux a rĂ©pĂ©tĂ© ce en quoi cette redĂ©finition devrait consister: „la tâche doit dĂ©sormais intĂ©grer des activitĂ©s multiples comme la remĂ©diation, le tutorat des Ă©lèves, l’implication dans la vie du lycĂ©e, la participation Ă  la gestion autonome, le travail et la concertation en Ă©quipe pĂ©dagogique, l’organisation d’une concertation au sein d’une discipline ou entre des disciplines, les rencontres avec les parents“. „Il faut se poser la question de savoir si tous les enseignants sont prĂŞts Ă  effectuer un changement de paradigmes“, remarque Fari Khabirpour.

Pourtant, il n’est pas besoin d’aller très loin pour trouver des syndicats enseignants qui poussent la rĂ©flexion pĂ©dagogique un peu plus loin: en France par exemple. Dans un texte intitulĂ© „L’Ă©cole de la rĂ©publique n’appartient pas aux ‚RĂ©publicains'“ du syndicat SUD-Education, on peut lire la chose suivante: „L’acquisition des connaissances est d’autant plus efficace et dynamique qu’elle prend corps dans des groupes vivants et qu’elle a un sens pour les enfants. A ce compte, on va souvent au-delĂ  des programmes sur lesquels se crispent les tenants de la tradition“.

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Droit du travail dans le monde : de mal en pis

Le droit du travail et les droits syndicaux étaient en recul partout dans le monde en 2025, constate la Confédération syndicale internationale (CSI), dans la treizième édition de son « Indice des droits ». Parmi les indicateurs les plus dégradés, elle pointe une hausse « des violations de la liberté d’expression et de réunion » (dans 50 % des...

NEWS

Lebensmittelpolitik scheitere an politischem Willen

Der 2019 gegründete Verein „Foodsharing“ äußerte diese Woche scharfe Kritik an der Lebensmittelpolitik der Regierung. Konkret ging es um den nationalen Aktionsplan für ein nachhaltiges Ernährungssystem, den das Landwirtschaftsministerium vergangenen April vorgestellt hatte (woxx 1882). Während die Regierung darin den Fokus jedoch auf...

NEWS

Kannerjugendtelefon: „100 Prozent“ menschlich

Angesichts der technologischen und gesellschaftlichen Entwicklung rund um sogenannte künstliche Intelligenz startete das Kanner-Jugendtelefon (KJT) vergangenen Dienstag die Kampagne „100 % menschlich“, um auf den Mehrwert menschlicher Beratung gegenüber KI-gestützten Alternativen aufmerksam zu machen. Urteilfreies Zuhören, menschliche Präsenz...

NEWS

Tripartite : Frieden dégaine le chéquier

La première tripartite de l’ère Frieden s’est ouverte ce mardi 2 juin. Les discussions, apaisées le premier jour, ont pris un tour plus vif dès le lendemain avec l’épineuse question du salaire social minimum, que les syndicats veulent voir davantage revalorisé.