La misère des uns et celle des autres

C’est l’hebdomadaire lusophone « Contacto » qui a révélé l’affaire : alors que l’hiver approche, 14 Portugais ont été sommés de quitter leur logement d’ici le 31 décembre. Le propriétaire n’est pas n’importe qui : il s’agit du ministère de la famille. En effet, les personnes concernées vivent à Bonnevoie dans un « Foyer des travailleurs ». Pourquoi doivent-ils quitter les lieux ? Tout simplement parce que le contrat de bail vient à échéance. Bien qu’il soit clair que ces habitations sont de caractère temporaire, la pratique est toute autre : certains y vivent depuis 20 ou 30 ans. Jusqu’ici, l’Etat s’était accomodé de cette situation. Mais voilà, l’Etat n’ayant pas pris les devants pour faire face à l’afflux de réfugiés, il chasse les uns de ses foyers pour y placer les autres. Le plus fâcheux, c’est que la ministre de tutelle, Marie-Josée Jacobs, a insinué dans le même article que ces personnes devraient se montrer reconnaissantes d’avoir pu bénéficier de ces logements bien plus longtemps que prévu. Sauf que, comme le rappelle Antonio Ribeiro, concierge du foyer de Mühlenbach, ces travailleurs payent des loyers. Des loyers certes modérés, mais qui rendent le logement possible à des travailleurs (du bâtiment, en principe), qui vivent du salaire minimum non qualifié et endurent régulièrement chômage technique et licenciements. Dormir sur le trottoir : c’est la réponse de l’Etat luxembourgeois à ceux qui construisent ses routes.


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