Hyams Peter: d’Artagnan

Une fois de plus, l’oeuvre d’Alexandre Dumas inspire le 7e Art. Cette fois, c’est Peter Hyams qui nous propose sa version de d’Artagnan.

Une actualisation de l’histoire

Le point départ de Peter Hyams est la période où d’Artagnan n’a pas encore été intronisé au sein des Mousquetaires. C’est ainsi que Peter Hyams a pu donner une version bien personnelle au roman. Lors de la conférence de presse au dernier Festival de Deauville, il a expliqué les véritables raisons qui l’ont poussé à faire une version contemporaine:

„Le principal pour moi était de retranscrire des valeurs contemporaines comme l’amour de son pays, le courage, l’honneur, le patriotisme et l’amour des autres. Des valeurs que le public aime voir. A l’inverse de tous les films historiques que l’on a vus jusqu’à aujourd’hui, j’y ai introduit d’autres éléments comme la réalité de l’époque avec des gens pas très propres et pas très beaux. En fait, j’ai voulu faire ce que Sergio Leone avait fait à la grande époque du western, c’est-à-dire une actualisation de l’histoire. Pour moi, d’Artagnan n’est pas un film historique mais bien une æuvre dramatique.“ L’avantage de cette histoire, c’est qu’elle convient parfaitement aux enfants car, à l’inverse de certains films historiques, il n’y a rien de compliqué à comprendre. En fait, „d’Artagnan“ est un pur produit commercial auquel a participé le Luxembourg qui a servi de lieu de tournage de certaines scènes. Il faut dire que ce long métrage brille par sa chorégraphie lors des combats à l’épée comme la scène finale qui est un bien bel hommage à „Il était une fois en Chine“ et ses effets spéciaux. Chaque situation est sujette à une scène d’action entrecoupée par une scène d’amour sans grand intérêt.

Du côté distribution, nous avons dans le rôle titre Justin Chambers qui indéniablement paraît être le personnage idéal. Celui-ci promène dans son ombre son célèbre protecteur Planchet, interprété par Jean-Pierre Castaldi. Pour les cinéphiles, il est difficile de ne pas comparer sa performance avec ses prédécesseurs, à savoir Bourvil et Jean Carmet, deux acteurs qui ont tout le respect de Jean-Pierre Castaldi. Cependant, ce dernier a tenu à préciser: „Je ne voulais pas penser à Bourvil ou à Carmet, je n’ai obéi qu’aux ordres de Peter qui avait des idées très précises. Je ne pouvais que me laisser porter par son regard.“ Dans le rôle de Francesca, on trouve Mena Suvari qui a accepté le rôle pour deux raisons, à savoir pour les costumes et également pour casser son image de jeune fille contemporaine. Il est vrai que son rôle de jeune promise est nettement différent de celui qu’elle jouait dans „American Beauty“ ou dans „American Pie“.

Quant à Catherine Deneuve, l’actrice que l’on ne choisit pas mais qui vous choisit, comme l’a déclaré Peter Hyams, elle fait plus tapisserie qu’autre chose avec une réplique qui devrait rester dans les annales du cinéma: „Il paraît qu’il y a des crocodiles par ici“ en parlant des égouts parisiens!

„D’Artagnan“ est en définitive un film qui se laisse voir pour autant que l’on fasse abstraction à la fois du côté historique et de l’amour du véritable 7e Art tout en étant amateur de scènes d’actions.

Thibaut Demeyer


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