Devoir de vigilance : Le tribunal judiciaire de Nanterre se déclare incompétent

von | 03.02.2020

Le premier procès dans le cadre de la loi française sur le droit de vigilance s’est conclut le 31 janvier par un renvoi devant le tribunal commercial de l’affaire Total en Ouganda.

Laurent Vincenti (CC BY-SA 3.0)

Dans l’édition imprimée du woxx du 24 janvier, nous avions donné la parole à Olivier Petitjean, coordinateur de l’Observatoire des multinationales, qui évoquait un premier procès dans le contexte de la toute récente loi française sur le devoir de vigilance des sociétés multinationales. Ce procès porté contre le géant pétrolier Total par plusieurs ONG – les Amis de la Terre France, Survie, AFIEGO, CRED, NAPE/Amis de la Terre Ouganda et NAVODA – devait obliger la multinationale à réviser son plan de vigilance concernant la mise en œuvre d’un mégaprojet pétrolier en Ouganda. Il s’agit d’un vaste projet d’extraction de pétrole avec plus de 400 puits situés dans un parc national protégé. Le plus grand oléoduc « chauffé » du monde, long de 1.445 kilomètres, y sera construit pour apporter le pétrole jusqu’à l’océan Indien en passant par la la Tanzanie.

Or le tribunal judiciaire a fait sienne la position défendue par Total, en renvoyant l’affaire au tribunal de commerce : « La société TOTAL SA soulève une exception d’incompétence au profit du tribunal de commerce de Nanterre. Elle considère que les actions relatives au plan de vigilance des sociétés commerciales se rattachant directement à la gestion d’une société commerciale, relèvent de la compétence exclusive du tribunal de commerce. »

Pour les associations plaignantes, il est maintenant à craindre que la justice commerciale soit plus favorable aux entreprises. Contacté par le woxx, Olivier Petitjean parle « d’une décision décevante, mais que nous nous attendions à ce que même après l’adoption de la loi, la bataille se poursuive autour de son interprétation ».

La décision du 31 janvier a été prise dans le cadre d’une procédure très spécifique en référé qui n’a pas analysé le fond de l’affaire, mais a statué sur l’urgence de la mise en œuvre effective du plan de vigilance de Total en Ouganda. « C’était clairement l’interprétation minimaliste des nouvelles obligations créées par la loi qui a prévalu, comme le souhaitait Total », conclut le coordinateur de l’Observatoire des multinationales. Mais la procédure va se poursuivre, et d’autres procédures sur le fond auront lieu. « Comme celle lancée mardi dernier par des ONG et des communes françaises à nouveau contre Total, mais sur le climat cette fois, permettront d’améliorer la jurisprudence », poursuit Olivier Petitjean.

Dat kéint Iech och interesséieren

ËMWELTPODCAST

Am Bistro mat der woxx #376 – Directive de la vigilance

Chaque semaine, le podcast de la woxx vous offre un regard en coulisses sur notre travail journalistique et explore les enjeux derrière nos articles. Cette semaine-ci, les journalistes Fabien Grasser et María Elorza Saralegui se centrent sur une directive européene concernant le devoir de vigilance. Considérablement affaiblie lors des...

PODCAST

Am Bistro mat der woxx #375 – Wéi hëtze mir an der Zukunft?

All Woch bitt d’woxx Iech an hirem Podcast en Abléck an hir journalistesch Aarbecht a beliicht d’Hannergrënn vun engem Artikel. Gas a Masutt ginn de Moment erëm méi deier, well Krich am noen Osten ass. Dat wier nieft dem Klimaschutz e weidere Grond, fir esou séier wéi méiglech op aner Methode fir ze Hëtzen ëmzeklammen. Bis 2050 wëll Lëtzebuerg...