Photographie : Flâneries dans la capitale
La ville de Luxembourg change chaque jour un peu plus. L’exposition « Leit an der Stad, Luxembourg Street Photography 1950-2017 », actuellement au Musée de la Ville, permet de voir cette cité en mouvement et ces petites choses immuables dans les comportements humains, à travers plus de 200 photos.
Le noir et blanc est profond, contrasté et lumineux. Dans cette photographie de la Grand-Rue, prise par Marcel Schroeder en 1960, on reconnaît les façades luxembourgeoises, mais surtout ces voitures et ces tenues qui ne trompent pas. Les hommes portent des chapeaux, les femmes des manteaux à la mode d’alors. La circulation ne laisse planer aucun doute : il s’agit de la ville d’hier, de ce Luxembourg avant qu’il ne devienne empire de la finance. mehr lesen / lire plus
Il aura été l’intime des plus grands, de Henri Cartier-Bresson à Willy Ronis, en passant par Raymond Depardon et Robert Doisneau. Lucien Clergue aimait tellement la photographie qu’il peut être considéré, avec son ami Jean-Marie Rouquette et l’écrivain Michel Tournier, comme celui qui l’a démocratisée auprès du public.
Cent trente sur la ligne de départ, seulement quarante-deux élus. Les artistes luxembourgeois savent à quel point il est important de se montrer. Et le salon du Cercle artistique du Luxembourg (CAL) est l’occasion rêvée de sortir de l’ombre. Encore faut-il franchir l’épreuve du jury, mis en place pour sélectionner les meilleurs représentants de la création locale.
Demain, le Luxembourg exploitera peut-être les ressources minières de la Lune et des astéroïdes. C’est en tout cas ce qu’espère le ministre de l’Économie Étienne Schneider, qui développe avec force son programme spatial, malgré le scepticisme ambiant. En attendant de rapporter sur la planète Terre des métaux rares ramassés dans l’espace, l’artiste Laura Mannelli, passée par l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais, récolte déjà les fruits de cette science-fiction du réel.
Pour les habitués du Mudam, Su-Mei Tse est loin d’être une inconnue. Sa fontaine « Many Spoken Words » fait partie de la collection permanente. De l’encre noire qui en coule naît un bassin opaque, dérangeant, qui ne cesse d’hypnotiser les visiteurs. Elle est à l’image du travail de l’artiste, excessivement précis et follement visuel.
August Clüsserath n’est pas inconnu des Luxembourgeois. Déjà aperçues en 2014, ses œuvres trouvent dans le cadre de l’abbaye de Neumünster une vitrine parfaite. Car ceux qui ont déjà eu l’occasion de s’attarder sur les grandes toiles colorées de l’artiste disparu en 1966 peuvent cette fois mieux le comprendre, en parcourant le cloître de l’abbaye.
Ad Reinhardt avait renoncé à la couleur avant Pierre Soulages. Dans les années 1960, ses monochromes l’avaient rendu célèbre dans le monde entier. Noires, intensément noires, ses toiles marquaient pour lui comme pour l’artiste français une nécessité. « Il y a quelque chose de faux, d’irresponsable et d’insensé à propos de la couleur, quelque chose d’incontrôlable. Le contrôle et la rationalité sont des parts de la moralité », déclarait-il alors. 


Quoi de plus logique que la BlackBox du Casino, espace réservé aux arts vidéo, décline à sa manière le Mois européen de la photographie ? En attendant la fin du mois et l’arrivée de clichés qui respectent les règles de l’art, l’endroit choisit de faire bouger des images.
Trois invitations côté luxembourgeois, deux côté autrichien. L’équilibre est une nouvelle fois respecté, pour ce qui devient un rendez-vous régulier des amateurs d’art contemporain. Une rencontre faite d’images, fixes ou animées, dans des exercices souvent déstabilisants pour le regard.
Pour les amateurs d’art luxembourgeois, Joe Allen est tout sauf un inconnu. Ses peintures à l’huile sont souvent à l’honneur au grand-duché avant de voyager dans le monde. Car le style de l’Écossais a su séduire et s’affirmer au fil du temps. De ses tableaux de jeunesse, montrés au tournant des années 1990, il reste cette technique immuable de la peinture à l’huile, qui s’est perfectionnée jusqu’à donner « Horizon », la nouvelle série du sexagénaire né entre Glasgow et Édimbourg.
Il est une des valeurs montantes de la photographie européenne. Samuel Gratacap, 34 ans, formé à Bordeaux et à Marseille, a passé deux ans entre la France et le camp de Choucha, dans le sud de la Tunisie, à quelques kilomètres de la frontière libyenne. Il a immortalisé sur Polaroïd, en vidéo et en photographies numériques la lente agonie de ce monde à part, qui a accueilli pendant plusieurs années des aspirants à une vie meilleure. 
