Daniel Espinosa : Voir Mars et mourir

Pâle série B qui surfe sur la vague des films situés dans l’espace, « Life » exploite jusqu’à l’usure toutes les ficelles connues du genre sans jamais le renouveler.

Pas de tout repos, l’exploration spatiale…

Toujours au service de ses lectrices et lecteurs, le woxx a de la suite dans les idées : après avoir largement couvert dans nos précédents numéros les efforts du grand-duché pour se positionner dans la course à l’espace, nous ne pouvions rater la sortie de « Life », dernier film en date qui transporte le spectateur en dehors de l’atmosphère terrestre. Pas certain d’ailleurs qu’après la séance, on aura encore envie de s’enthousiasmer sur la conquête spatiale luxembourgeoise…

De retour de Mars, les astronautes de la Station spatiale internationale parviennent à ramener à la vie une cellule dormante trouvée sur la planète rouge. Pour l’étudier dans un endroit confiné, ils restent donc en orbite autour de la Terre. La nouvelle y est saluée avec enthousiasme, et il revient aux élèves d’une école primaire de nommer la créature dont les cellules se divisent et croissent : ce sera Calvin. Celle-ci se révèle cependant peu bienveillante, commençant par broyer la main de l’exobiologiste qui l’a ranimée avant de faire subir un calvaire à l’équipage de la station.

Tout ça vous rappelle « Alien » ? Vous avez raison. Comme le film rappelle d’ailleurs d’innombrables autres longs métrages situés dans l’espace, avec une réalisation qui fait la part belle aux longs travellings à l’intérieur du vaisseau et aux têtes à l’envers pour magnifier l’effet d’apesanteur. Malheureusement, on a tellement vu ces mouvements de caméra qu’ils ne donnent plus le tournis. Les poncifs du genre sont tous au rendez-vous, avec, en point culminant, un équipage décimé au fur et à mesure par une créature quasi indestructible. Ne reste à la fin que le couple final pour l’ultime sacrifice.

Le réalisateur Daniel Espinosa ne brillant pas par son originalité, on espère alors un peu de piment du côté des scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (« Deadpool »). C’est peine perdue : il y a bien la minute psychologique du militaire (« Je suis mieux dans l’espace qu’en Syrie ») ou un parallèle esquissé et vite oublié entre la naissance du bébé d’un des membres de l’équipage et celle de la créature, mais pas grand-chose d’autre, finalement, qu’un déroulement convenu de film d’horreur dans un décor orbital. À l’image, Calvin est tellement inspiré de la vie terrestre qu’il ne nous plonge même pas dans la délicieuse peur de l’inconnu.

On peut comprendre que les inconditionnels des films d’espace aient envie de se précipiter sur une réalisation au mieux moyenne – et, après tout, ils ne liront pas forcément ces lignes. Mais lorsqu’on pense à l’intelligence dans le renouvellement du genre de la fiction extraterrestre qu’on a pu voir dernièrement, ne serait qu’avec le très bon « Arrival » de Denis Villeneuve, pourquoi perdre son temps avec ce qui n’est au plus qu’une série B qui se prend tout de même au sérieux ? Il n’y a plus longtemps à attendre pour que Ridley Scott reprenne la main avec « Alien: Covenant ». Notre conseil aux aficionados de l’espace : réservez-vous pour cette sortie imminente, vous éviterez au moins une déception immédiate. Et en attendant, vous pourrez toujours potasser les documents du site spaceresources.lu. Avec un petit frisson à l’évocation de l’exploration d’autres planètes – c’est bien tout ce que « Life » provoquera.

Aux Cinémaacher, Kinepolis Belval et Kirchberg, Le Paris, Prabbeli, Scala, Starlight et Sura. Tous les horaires sur le site.

L’évaluation du woxx : O


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