Musique classique : « C’est un sport de haut niveau »

« Les femmes, mon amour ! », c’est le nom du programme que proposent la chanteuse lyrique Claudia Moulin, le baryton Vladimir Kapshuk et le pianiste Grégory Moulin. Le woxx s’est entretenu avec la soprano luxembourgeoise.

Chanteuse lyrique par passion : Claudia Moulin.

woxx : Vous êtes chanteuse lyrique, comment définissez-vous cette profession ?


Claudia Moulin : En fait, je suis chanteuse et lyrique. Je travaille le répertoire lyrique, donc non amplifié. La voix est faite pour se passer d’un orchestre et peut fonctionner seule – par opposition à tout ce qui est variété, où la plupart du temps on utilise un micro.

Comment devient-on chanteuse lyrique ?


Moi, à la base, je ne voulais pas du tout être chanteuse lyrique ; je voulais plutôt aller vers la comédie musicale. Mais à l’époque, au Luxembourg, il n’y avait pas d’autre choix que d’apprendre le chant par la voie classique au conservatoire. Au début, cela ne m’enchantait pas trop, mais la professeure que j’avais à l’époque, Mariette Kemmer, chanteuse d’opéra elle-même, m’a chanté un extrait de ‘La Bohême’ – et ça m’a tellement touchée qu’à l’instant je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. Donc, j’ai commencé vraiment à travailler et à développer ma voix. Ce qui implique beaucoup de travail et de maîtrise de son corps – c’est un sport de haut de niveau.

Où êtes-vous allée parfaire votre éducation ?


J’ai commencé au conservatoire de la Ville d’Esch-sur-Alzette, et après, au début, je ne savais pas très bien où je pourrais continuer. J’ai tourné un peu, parce que toutes les écoles n’avaient pas la meilleure des réputations. Pourtant, à un moment, par la voie d’une annonce à la radio, j’ai appris l’existence d’une audition à l’atelier lyrique de l’Opéra de Paris. Et vu que je faisais pas mal de concours de chant à l’époque, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de voir un petit peu où je me situais internationalement. Et j’ai été prise à ce moment-là à l’Opéra de Paris, où je suis restée pendant deux ans. Puis j’ai encore travaillé quatre ans en freelance pour cette maison.

Quelle est l’idée derrière le concept de « Les femmes, mon amour ! » ?


C’est un projet qui s’est développé sur plusieurs années. À la base, c’est un spectacle avec mon duo – Moulin et Moulin –, et à l’Opéra de Paris j’ai fréquemment travaillé avec le baryton Vladimir Kapshuk, avec lequel je m’entendais vraiment bien. On s’est dit que ce serait chouette de travailler ensemble, sans trop savoir comment s’y prendre. Il s’est trouvé qu’un jour on a donné un récital au Luxembourg en duo. Dans le public, il y avait un banquier basé en France qui a tellement aimé ce que mon mari et moi faisions qu’il nous a proposé de créer un spectacle pour sa banque. C’est à ce moment-là que nous avons appelé Vladimir. Mon mari a commencé à écrire une histoire, en cherchant dans le répertoire des airs et des duos d’opéra qui pouvaient traduire ce que la narration voulait raconter. Nous avons joué ce spectacle quatre ou cinq fois pour la banque, et maintenant nous avons été invités au Cape.

Est-ce qu’on peut vivre financièrement de la profession de chanteuse lyrique ?


Je l’ai fait pendant douze ans, et je ne peux pas dire que j’ai vécu particulièrement mal. Mais par contre, pas au Luxembourg. Le pays est trop petit pour qu’on puisse travailler régulièrement, et puis la culture lyrique est trop peu présente. C’est pourquoi depuis mon retour au pays, j’ai dû freiner un petit peu ma carrière et donner des cours au conservatoire d’Esch.

« Les femmes, mon amour ! », au Cape à Ettelbrück le 6 janvier.

Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.