Radio 100,7 : l’opposition s’inquiète

Après une fin de semaine mouvementée à la radio publique, pour cause de conflit entre direction et rédaction, c’est au tour des député-e-s d’opposition de poser leurs questions au premier ministre, responsable des médias.

Pour Diane Adehm du CSV, qui juge la décision de l’ancien président du conseil d’administration (et copain de Xavier Bettel) Laurent Loschetter « surprenante », la question est de savoir pourquoi ce dernier l’a prise. Et surtout si le ministre peut « exclure tout lien entre cette démission soudaine et le modus operandi du nouveau directeur » ?

De plus, la députée conservatrice évoque le désormais célèbre audit d’avril 2018 de l’European Broadcast Union (EBU), qui avait souligné que l’indépendance de la radio publique était tout sauf gravée dans le marbre. Autre question intéressante : Loschetter ayant estimé avoir « rempli sa mission », Adehm veut savoir quelle était cette mission. En tout cas, elle ne consistait pas en la recherche d’un nouveau directeur, car au moment où le pote du premier ministre a pris les rênes de la maison, le directeur du moment – Jean-Paul Hoffmann – n’était pas sur le point de partir, comme le woxx l’avait remarqué dans son édito de vendredi dernier.

Mais c’est la gauche, avec son député David Wagner, qui a ouvert le bal à la fin de la semaine dernière en s’intéressant de plus près au fait d’armes de Marc Gerges, le nouveau directeur. Celui-ci a provoqué un conflit, celui de la programmation d’une émission en partenariat avec le magazine Delano (qui appartient au groupe privé Maison Moderne, société éditrice également de Paperjam). Cette émission anglophone – notons au passage que produire des émissions dans la langue de Shakespeare ne figure pas au cahier de charges de la radio publique – constitue l’entrée d’une entreprise privée dans le domaine public. Wagner s’enquiert des liens financiers créés par la diffusion de cette émission et veut savoir si la rédaction de la radio a un droit de regard sur le contenu. Finalement, il évoque aussi le fait que l’EBU a émis une recommandation tout à fait contraire dans son rapport.

Mais lui aussi évite le fond du problème : la diffusion de l’émission a été décidée par le directeur Marc Gerges sans que celui-ci ait consulté préalablement la rédaction en chef. C’est la raison de la mauvaise ambiance qui règne en ce moment au Kirchberg, dans les locaux de la radio 100,7. Pourtant, il y a de l’espoir à l’horizon : selon des informations obtenues par le woxx, le conseil d’administration n’a pas non plus approuvé l’émission en collaboration avec Delano et la considérerait pour l’instant comme un test. Ce qui veut dire que le directeur n’est soutenu ni par son CA, ni par la rédaction dans son choix. Espérons que la ou le prochain-e président-e du CA tirera les choses au clair, pour que la réforme de la radio publique annoncée puisse du moins commencer dans le calme.


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