Il fallait s’y attendre : le rapport sur la collaboration de la Commission administrative n’allait pas passer comme le fil sur le beurre – même après avoir été unanimement approuvé par le parlement. L’article de Charles Barthel « Meilenstein oder Stolperfalle » publié par le Wort le weekend dernier incarne au meilleur la réaction d’un des tenants de l’écriture historique orthodoxe luxembourgeoise. Attaquant ad hominem l’auteur du rapport et lui reprochant des inexactitudes, voire de la malhonnêteté intellectuelle, Barthel ne semble pas s’apercevoir qu’il fait lui-même une lecture politique du rapport Artuso. Ainsi, il le tacle pour ne pas avoir cité Gilbert Trausch, son mentor, et pour s’être basé sur trop d’historiens marqués – à tort ou à raison – à gauche. Ce faisant Barthel trahit sa perspective réduite. Mais il va encore plus loin dans son potentiel de nuisance, car le moment de publication de cet article est tout sauf innocent : le weekend de la commémoration nationale – où Xavier Bettel a rappelé le passé peu glorieux de la Commission administrative découvert par le rapport -, le lancement du film « Eng nei Zäit » qui risque de faire rejaillir le débat autour de l’immédiat après-guerre et puis le rapport Artuso qui va être publié sous peu sous forme de livre. Si certains voient dans cet article le commencement d’une « vraie » dispute entre historiens, il ne faut pas laisser de côté le contexte professionnel. Charles Barthel était jusqu’en juin directeur du Cere (Centre d’études et de recherches Robert Schuman) – où il a succédé à Gilbert Trausch, un des artisans du mythe national. Il se trouve que cet institut sera sous peu dissous dans l’Institut d’histoire du temps présent, qui sera rattaché à l’Université du Luxembourg. Et sachant que les relations entre les différents instituts de recherche voués à la disparition et l’université ne sont pas au beau fixe, on peut s’imaginer que la polémique de Charles Barthel ne visait pas uniquement le rapport et son auteur, mais aussi le gouvernement et l’université. Ça donne un avant-goût de ce qui nous attend. Une analyse plus approfondie de l’article de Charles Barthel sera d’ailleurs publiée en « web exclusive » sur le site du woxx vendredi matin.
Le personnel médical, une cible militaire
En 2025, 1.981 personnes ont trouvé la mort dans 1.348 attaques contre des installations médicales dans des conflits. Un niveau record et un doublement du nombre de victimes par rapport à 2024, s’alarme Médecins sans frontières (MSF), sur la base de chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. Le Soudan est le pays le plus touché, avec...

