Révolte au Mudam ?

Le woxx vient d’obtenir une lettre ouverte qui, selon tous les indices, provient directement du musée. Celle-ci confirme l’agacement général du personnel face à la direction.

www.christian-aschman.com (© polissky)

Que le personnel du Mudam a les nerfs en vrac n’est pas une nouvelle. Quiconque a prêté oreille aux bruits de couloirs ces derniers mois a pu entendre que les arrêts maladie, les démissions et les départs en retraite anticipée se sont multipliés.

Cette mauvaise atmosphère semble se confirmer dans une lettre adressée « À la direction, au responsable des ressources humaines et à la délégation du personnel » que le woxx reproduit ici dans son intégralité. L’auteur-e anonyme de la missive décrit une équipe « épuisée par une charge de travail qui est toujours en augmentation et au contraire une reconnaissance du travail et de la qualité fournie totalement inexistante avec une pression toujours plus grande, ce qui est très démotivant pour nous tous ».

La personne se plaint aussi des niveaux de salaires apparemment plus bas que ceux du Casino et met en cause la politique de recrutement de la direction, qui a tendance à doubler des postes – apparemment aussi pour remplacer dans leurs tâches des employé-e-s tombé-e-s en disgrâce. Ce qui est un fait que le woxx suspectait déjà en décembre, quand nous avons révélé l’existence d’une annonce d’emploi pour un « Head of Artistic Programmes and Content » non pas sur le site du musée, mais sur une plateforme spécialisée en la matière. Un poste correspondant à celui de Clément Minighetti, le curateur qui avait été menacé de licenciement en mars de l’année dernière. Et ce n’est pas le seul recrutement qui est mis en doute dans la lettre.

La communication interne semble être un autre point faible : la direction – selon la lettre – semblerait plutôt vouloir miser sur la méfiance entre employé-e-s que sur un vrai esprit d’équipe, décrit comme une unité de façade voulue par la direction.

Le woxx a pu consulter les métadonnées fichier et – même si une manipulation n’est pas exclue, bien qu’elle soit difficile à mettre en place – a constaté que selon toute vraisemblance, le document est passé par un fax installé au Mudam. Ce qui semble confirmer l’authenticité de cette lettre.

Quoi qu’il en soit, ni la nouvelle direction ni le conseil d’administration ne semblent avoir réussi à ramener le calme à l’intérieur du musée d’art contemporain en constante ébullition depuis l’éviction malheureuse de son ancien directeur.

Rappelons ici que le Mudam n’est pas un établissement public, mais une fondation de droit privé pourtant subsidiée par l’État (7.100.000 euros en 2018).


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