Service public : Äddi Geheimsender !

von | 13.03.2020

Est-il possible de faire de la radio socioculturelle la radio publique de référence au Luxembourg ? C’est la question à laquelle le monde politique tente de trouver une réponse – et ce n’est pas gagné.

L’histoire récente de l’« Établissement de radiodiffusion socioculturelle Luxembourg (ERSL) » s’apparente plutôt à une tragédie classique avec son lot de couteaux plantés dans le dos, de personnages aux liens à demi maquillés avec le pouvoir, de trahisons et de révélations. Depuis que la nouvelle présidente du conseil d’administration, Véronique Faber, a pris les rênes de la radio 100,7, les vagues se sont tout de même un peu calmées. Ou disons que tout le monde au Kirchberg, comme dans la politique, est plutôt disposé à laisser le passé derrière et à aller de l’avant.

C’est pourquoi le conseil d’administration, la direction et les chef-fe-s de service – dans un rare moment d’unité – ont récemment élaboré une prise de position commune sur comment ils et elles envisagent le futur de la radio. Un papier défendu aussi cette semaine devant une commission parlementaire, en amont du « grand débat » annoncé par le gouvernement. La première recommandation, et pas des moindres, c’est d’enfin garantir le statut de la radio par une loi qui devrait « positionner la radio 100,7 comme média de service public (…) et garantir, à long terme, l’autonomie institutionnelle et l’indépendance rédactionnelle ». En effet, depuis sa création en 1991 par la loi sur « l’établissement public ‘services de radio à finalité socioculturelle’ », beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, pour ne pas dire que le cadre légal de la radio est obsolète. C’est d’ailleurs aussi un des constats de l’European Broadcasting Union (EBU), qui avait publié en 2018 un rapport sur la 100,7 mal digéré par la politique à l’époque.

Impartialité n’est pas neutralité

À part graver l’existence de la radio dans le marbre, cette loi devrait aussi clairement définir son mandat de service public et garantir son impartialité et son indépendance rédactionnelle. Un concept que certains élus ont définitivement du mal à comprendre. Comme le député ADR Roy Reding, qui a voulu savoir si la 100,7 disposait d’un code de déontologie – la réponse du ministère a été sèche et limpide : comme toutes celles et tous ceux disposant d’une carte de presse, les journalistes qui y travaillent sont soumis-e-s au code de déontologie émis par le Conseil de presse. C’est que beaucoup confondent impartialité et neutralité du service public. L’impartialité implique de s’en tenir aux faits et de refléter tous les points de vue (que la prise de position définit explicitement comme étant ceux de « l’ensemble de la population »), alors que celles et ceux qui parlent de neutralité pensent souvent à une mise au pas des médias publics, comme cela a lieu en Pologne ou en Hongrie.

Et justement pour éviter que la 100,7 devienne un jour une radio ADR ou CSV, l’indépendance est aussi un des points forts du document. Ainsi, pour éviter des placements politiques au conseil d’administration – on se rappelle l’ancien président de cet organe, Laurent Loschetter, grand pote du premier ministre –, est préconisé un nouveau mode de nomination des membres dudit conseil. Ainsi, il propose que ce soit au CA lui-même de chercher ses membres « sur base de profils et de compétences spécifiques (…) avec pour but de représenter au mieux la population ». Si les membres devaient encore être nommés par le gouvernement, la procédure en deviendrait en tout cas plus transparente et le droit d’initiative serait entre les mains de la radio et non celles de la politique. Finalement, une « assemblée consultative publique » pour récupérer le feedback extérieur et un-e médiateur-e permanente entre public et radio devraient assurer de meilleurs contacts et une meilleure réactivité.

La balle est donc maintenant entre les mains du parlement, qui devra affirmer sa foi en un service public fort ou s’incliner devant la domination de RTL.

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